Elections-Violences : « Il y a des erreurs à corriger avant la présidentielle de 2020 » (Fodé Mohamed Soumah-GECI)

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Conakry, Guinée : Fodé Mohamed Soumah, président de la Génération citoyenne (GECI) s’est prononcé au micro de Guinéetime sur les violences postélectorales en Guinée.

L’anarchie et le désordre qui ont caractérisé le processus électoral jusqu’au jour du scrutin le 22 Mars 2020 en Guinée relève de la responsabilité de l’Etat. Le président de la Génération Citoyenne pointe un doigt accusateur sur l’Etat, l’accuse d’avoir failli sur toute la ligne en n’anticipant pas la situation. Ces derniers jours, des violences ont été enregistrées dans la quasi-totalité du pays plus précisément dans le sud notamment à N’Nzérékoré, où il y a eu plusieurs cas de mort depuis le jour du scrutin.

Rencontré par notre rédaction ce mardi 24 mars, ce candidat aux élections législatives a exprimé tout son désarroi par rapport à ce scrutin.

« Lorsque vous savez qu’il y a une élection à risque ou lorsque vous sortez d’une période de manifestation, la principale chose c’est de sécuriser le vote. Et qui dit sécurité, c’est la prévention c’est-à-dire, des 4 heures du matin, neutraliser la ville afin que les citoyens soient rassurés qu’ils peuvent aller voter. La deuxième chose est de protéger ceux qui sont dans les bureaux de vote et la troisième est vraiment de dire à nos autorités que franchement, au regard du nombre de nos policiers, gendarmes et militaires, franchement 15 mille bureaux de vote,c’est vraiment ridicule » accuse le président de GECI.

« Ils avaient la possibilité de sécuriser, mais ils ne l’ont pas fait partout et ça c’est inadmissible. Il y a des endroits où les matériels électoraux ne sont arrivés qu’en pleine journée alors que le président de la CENI disait depuis l’année dernière, que son institution est prête. Donc, ce sont des erreurs qu’on doit devoir corriger d’ici la Présidentielle afin d’aller vers les élections apaisées » propose M. Soumah.

Cet homme politique a aussi déploré les pertes en vies humaines, les exactions en cours après ces élections législatives couplées au référendum.

«On a affaire aujourd’hui à une frange de notre population qui cherche le chaos, qui dit chaos, parle de transition militaire, puisque les institutions ne fonctionnent pas. Qui dit pagaille, et qui va nous mettre d’accord ? C’est l’armée (…) Il y’en a qui ont décidé d’écourter le mandat et la seule façon de l’écourter, c’est non pas seulement se battre pour une transition démocratique, mais pour une transition militaire. Parce que je ne peux pas comprendre que pour une élection, on s’en prenne à des églises, à des mosquées à des écoles et qu’il y ait des victimes » regrette ce candidat.

Moise Rama Fils