« La pandémie aggrave les inégalités chez les femmes et les filles » (Déclaration de ministres)

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Conakry, Guinée : Dans une déclaration conjointe rendue publique ce mercredi 6 mai 2020 par la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Mme Djène Keita a interpelé les gouvernements du monde sur la protection de la santé,  des droits sexuels et reproductifs et la promotion de l’égalité des genres pendant la crise de la COVID-19.

Déclaration de la Ministre de la Coopération internationale, Mme Djene Keita

L’humanité est confrontée à la menace sans précédent de la COVID-19. Dans le monde entier, la pandémie a un impact dévastateur sur les systèmes de  santé, les économies et la vie, les moyens de subsistance et le bien-être de tous, en particulier les personnes âgées.  Pour  répondre  efficacement  à  cette  pandémie  qui  croît  rapidement,  tous  les gouvernements,  les  scientifiques,  les  acteurs  de  la  société  civile  et  le  secteur  privé doivent coopérer et être solidaires. Le COVID-19 touche les femmes et les hommes  différemment. La pandémie aggrave les inégalités chez les femmes et les filles, ainsi que la discrimination chez d’autres groupes marginalisés comme  les personnes handicapées et celles vivant dans l’extrême pauvreté. Elle  risque  également de porter atteinte aux  droits fondamentaux des femmes et des  filles.

La participation, l’exploitation du  potentiel  et les mesures de  protection de toutes les femmes  et de toutes les filles doivent être au centre des efforts de réponse.  Ces efforts doivent tenir compte des différences entre les hommes et les femmes et de leur incidence sur les plans de la détection, de diagnostic et d’accès aux traitements. Les mesures restrictives destinées à limiter la propagation du virus dans le monde entier augmentent le risque de violence domestique, dont celle entre partenaires intimes.

Étant donné  que  les  mesures  de  protection  sanitaire  et  sociale,  ainsi  que  les  systèmes 4 juridiques qui protègent les femmes et les filles  en circonstances normales sont affaiblis  ou mis sous pression par la  COVID-19, des mesures particulières doivent être prises pour prévenir  la  violence  à  leur  égard.  Les  interventions  d’urgence  doivent  garantir  la protection de toutes les femmes et filles réfugiées, migrantes ou déplacées à l’intérieur de leur pays. Les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive, y compris les services de soutien psychosocial et de protection contre la violence sexiste, doivent être prioritaires  pour  assurer  le  bon  suivi  des  choses. 

Nous  devons  également  être responsables  de la protection sociale et garantir la santé, les droits et le bien-être des adolescents  en période de  fermeture des écoles. Toute restriction  à la jouissance des droits de la personne doit être prescrite par la loi, et conformément au droit international et faire l’objet d’une évaluation rigoureuse.

 Nous appuyons la participation active et le leadership des femmes et des filles à tous les niveaux de prise de décision, y compris au niveau communautaire, par l’intermédiaire de leurs réseaux et organisations.

Cette participation et ce leadership garantissent  que les efforts déployés et les réponses apportées tiennent compte de la dimension de genre et n’entraînent pas davantage de discrimination et d’exclusion envers les  personnes les plus à risque. Il  est  essentiel  que  les  dirigeants  reconnaissent  le  rôle  central  des  systèmes  de couverture  de  santé  universelle  dans  les  situations  d’urgence  sanitaire,  ainsi  que  la nécessité  de  disposer  de  systèmes  de  santé  fiables  pour  sauver  des  vies.  Dans  ce contexte, les services de santé sexuelle sont essentiels. Nous  appelons à ce que tous s’appliquent  à la mise  en œuvre immédiate  de  la déclaration politique  sur les systèmes

de couverture médicale universelle. Le financement de la santé et des droits sexuels et reproductifs  doit  rester  une  priorité  pour  éviter  une  augmentation  de  la  mortalité Maternelle et néonatale, répondre au besoin accru de méthodes contraceptives et éviter la hausse d’avortements à risque et d’infections sexuellement transmissibles.

 Partout  dans  le  monde,  les  sages-femmes,  les  infirmières  et  les  agents  de  santé communautaire sont indispensables pour contenir le  COVID-19, tâche pour laquelle  ils  ont besoin d’équipement de protection individuelle. Les  grossesses  et  les  accouchements sûrs  dépendent  de  tout  ce  personnel  sanitaire,  d’installations  sanitaires  adéquates  et  d’une  stricte  adhésion  au  protocole  de  prévention  des  infections.  Les  maladies  respiratoires  chez  les  femmes  enceintes,  en  particulier  les  infections  attribuables  au  COVID-19,  doivent  être  traitées  en  priorité  en  raison  du  risque  accru  de  leurs  effets  Indésirables.  Étant  donné  que  nos  chaînes  d’approvisionnement  nationales  e t internationales sont touchées par cette pandémie, nous nous engageons  de  nouveau à  fournir à toutes les femmes et aux jeunes filles en âge de procréer des produits de santé reproductive. 

Et nous en appelons aux gouvernements du monde entier à garantir un accès complet et sans entrave à tous les services de santé sexuelle et reproductive pour toutes les femmes et les filles. Nous nous félicitons des efforts multilatéraux, notamment  ceux  de l’ONU,  y compris  le FNUAP et l’ONU Femmes,  de l’OMS, de la Banque mondiale, du FMI et des banques régionales de développement, ainsi que des déclarations faites par les pays du G7 et du

G20,  visant  à  apporter  une  réponse  cohérente  et  globale  au  COVID-19.

 Nous  les encourageons  tous  dans  leurs  démarches  auprès  des  gouvernements  nationaux  et d’autres  partenaires  pour  assurer  une  réponse  efficace  et  garantir  le  maintien  des services et des droits essentiels en matière de santé. Nous devons coordonner nos efforts en  cette période de crise sanitaire mondiale. Nous soutenons la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulée « Solidarité mondiale  pour  lutter  contre  la  COVID-19 ».  De  même,  nous  encourageons  tous  les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les philanthropes et  tous les  autres partenaires  à  se joindre à nous pour soutenir la réponse d’urgence, en particulier dans les pays les plus vulnérables,  et  donner pleinement effet à  l’engagement mondial  à l’égard d’un accès universel aux soins de santé.

6 mai 2020