Guinée : les enseignants du Privé menacent de descendre dans les rues

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Conakry, Guinée : Dans une déclaration publiée ce mardi 12 mai 2020, la plateforme des enseignants des écoles privées de Guinée indique clairement qu’elle sera dans l’obligation de briser les interdits au risque d’attraper le COVID-19.

Car dit – elle mieux vaut pour les membres d’aller à Donka que de mourir de faim aux cotés de nos différentes familles.

Cette manifestation de colère est la résultante du non payement des salaires par les fondateurs des écoles privées depuis plusieurs mois dû à la pandémie.

Une marche pacifique sera organisée les prochains jours pour attirer l’attention des autorités compétentes sur leur cas, affirme le chargé de communication de la dite plateforme que nous avions joint.

A peu près, 1500 enseignants des écoles privées qui tirent le diable par la queue depuis début mars, sont inscrits dans la base de données de cette plateforme. Ils comptent se faire entendre les jours prochains de façon pacifique.

«Nous avions décidé si rien n’est fait les prochains jours, nous comptons faire une marche pacifique et cette marche se passera dans les normes du COVID-19. Nous allons mettre les barrières sanitaires pour ne pas être confrontés à cette pandémie qui sévit actuellement dans le monde » prévient Ousmane Ibayatou Bah.

Ce responsable de la communication de cette plate forme poursuit que cette déclaration a pour but d’attirer l’attention du Premier ministre, du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation et des personnes de bonnes volontés sur la situation précaire que traversent les enseignants du privé depuis les mesures prises pour limiter la propagation du COVID-19.

« Depuis le mois de mars, on n’a pas reçu de salaires. Il n’y a que quelques enseignants qui ont reçu une partie de leurs salaires vis-à-vis du mois de mars. Le mois de mars, nous avions arrêté les cours le 19, donc le mois n’était même pas fini et c’est lorsque le mois fini que les parents d’élèves payent pour qu’enfin, les fondateurs d’écoles viennent vers nous. Nous attirons l’attention des fondateurs mais ils nous ont fait comprendre réellement qu’ils ne peuvent pas payer le salaire des enseignants car eux aussi, n’ont pas été payé par les parents d’élèves » révèle-t-il.

Poursuivant dans son désarroi, ce membre de la plateforme des enseignants des écoles privées de Guinée dit ne pas comprendre l’attitude des fondateurs des écoles.

« Un fondateur d’école qui crée une école et qu’il ne peut pas gérer une crise qui dure deux mois n’est pas normal (…) La seule solution pour nous aujourd’hui, c’est l’Etat » mentionne Ousmane Ibayatou Bah.

A l’image de ces enseignants, plusieurs autres travailleurs évoluant dans le secteur privé, sont aussi dans la même situation et leur seul recours, est l’aide de l’Etat.

Moise Rama Fils