Covid-19 : « Difficilement l’huile rouge sort de N’Zerekoré » se lamente un commerçant

0
569

N’Zérékoré, Guinée : En N’zerekore, capitale de la région forestière, depuis l’apparition de cette pandémie, les activités économiques sont au ralenti et des voix s’élèvent.

Cette situation de paralysie n’épargne personne. M.Keita, un magasinier au marché d’huile de la scierie N’zerekore semble s’en lasser.

« On est vraiment fatigué de cette pandémie car rien ne marche dans le secteur du commerce, ce qui nous aide est que l’huile ne pourri pas mais les prix ont complètement baissé ici et ailleurs, lieu de production et la tendance est à la hausse ailleurs. Alors c’est nous qui perdons car difficilement l’huile sort de N’zerekore puisque le transport est bloqué » se lamente-t-il.

Ce commerçant souhaite la fin de cette sale maladie de la covid19 qui a rendu ses affaires difficile.

« Je demande au gouvernement ne pas politiser cette pandémie, il doit dire la vérité et surtout prendre des médecins compétents capables d’aider à endiguer cette pandémie dans notre pays » propose Keita.

Notre interlocuteur conseille à éviter de faire du business comme avec l’épidémie Ebola.

Au marché de piment, les femmes vendeuses se plaignent beaucoup. Leurs marchandises pourrissent avec les restrictions sur le transport et surtout les fermetures de frontières avec les pays voisins.

« Je veux qu’on me dise demain que le coronavirus est parti car nous sommes fatiguées, il n’ y a pas d’argent, rien ne bouge. Les marchandises s’abiment dans nos magasins, on n’a pas d’acheteurs. Ce sont les clients du Liberia et de la Côte d’ivoire qui font bouger N’zerekore. Mais avec la fermeture des frontières, nous comprenons la peur des clients » raconte Dame Seny Kolie,vendeuse de piment au grand marché.

La Guinée est à 2.558 cas confirmés de cette maladie en Guinée. En plus des restrictions de voyage, la covid-19 affecte les relations humaines.

 Abé Henry Pamphil Haba, Diocésain de la jeunesse, est sidéré par toutes ces conséquences sociales sur ses fidèles qui ne peuvent même pas serrer.

« Ma plus grande souffrance de prêtre est celle de célébrer la messe sans les fidèles. Dire « le Seigneur soit avec vous » et répondre soi-même » et avec votre esprit » est une réalité assez triste pour un prêtre qui aime les grandes assemblées de prière. Le peuple de Dieu, les prières ouvertes au grand public me manquent énormément. Cependant, je me dois être réaliste. Le COVID19 est une crise hors pair qu’il faut prendre au sérieux et ne pas se hâter de reprendre les vieilles habitudes dont on est privé aujourd’hui. Je préfère encore continuer de vivre cette « solitude » que de se précipiter d’embrasser tout le monde et se retrouver à la case de départ après un bref moment d’espoir. Mieux vaut prolonger les restrictions que d’en sortir vite pour retomber dedans » se ravise-t-il.

Pressé que le pays finisse avec la maladie, l’Abbé Pamphil « demande donc à tous les Guinéens, notamment ceux testés positifs et qui manquent à l’appel, à faire confiance à la médecine ».

 Le religieux pointe un doigt accusateur sur l’Etat guinéen qui « est le premier responsable de la gestion désastreuse de cette crise sanitaire dans le pays. Le fait d’avoir tenu le double scrutin du 22 mars 2020 pendant que la présence du COVID19 était connu, a contribué à l’expansion de cette maladie en Guinée. ».

Jules Lamile Kombadouno