Falsification de la Constitution : le Barreau de Guinée n’abdique pas

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Conakry, Guinée : C’est avec un sentiment de déception que le barreau de Guinée a suivi les explications laconiques du ministre de la Justice ce jeudi sur la falsification de certains articles et disposition de la nouvelle constitution promulguée le 14 avril ouvrant ainsi en Guinée une 4 ème République.

Selon le ministre Mohamed Lamine Fofana, le texte promulgué est le seul «applicable » en l’état. Cette déclaration est considérée par le Barreau comme un acte de trahison vis-à-vis du peuple de Guinée.

Me Pépé Antoine Lama trouve cette réponse de Mohamed Lamine Fofana comme une négation de l’évidence, car pour lui, on ne peut nullement parler de l’adoption d’un texte qui était inconnu du peuple de Guinée et qui n’a pas été soumis a son appréciation.

«Il ne faut pas qu’on impose au peuple de Guinée la volonté d’un groupuscule qui, en catimini, s’est arrangé à élaborer un texte qui n’a jamais été soumis au peuple de Guinée » explique ce membre du barreau de Guinée, « déçu ».

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D’ailleurs, il qualifie cet acte d’atteinte grave à la confiance publique. «Nous venons d’assister à la légitimation en écriture publique, une atteinte grave à la confiance publique. Dans un pays sérieux, ce genre de comportement ne doit pas se produire. Je m’attendais à ce qu’une procédure pénale soit engagée pour retrouver les auteurs de ce banditisme juridique, mais malheureusement en lieu et place d’une poursuite judiciaire, c’est une légitimation qu’on a assisté » déplore Me Antoine Pépé Balamou.

« Les autorités, regrette-t-il, sensées rétablir l’ordre constitutionnel sont au devant de cette fuite en avant en faisant un rétropédalage avec cette constitution falsifiée. Alors pour cet avocat, les chances de succès pour une éventuelle poursuite sont minces. Une seule alternative s’impose désormais.

« On ne peut que, peut être, penser à une solution à l’international qui est notamment devant la Cour de justice de la CEDEAO » a annoncé cet avocat.

Mais bien avant cette saisine des institutions supranationales, l’Ordre des avocats va mettre en place une commission chargée de réfléchir aux voies de recours possibles. Parmi elles, figure la saisine de la Cour constitutionnelle.

Moise Rama Fils

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