Guinée : Plusieurs véhicules de transport arraisonnés pour manque de test au COVID-19

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Conakry, Guinée : L’instruction selon laquelle tout conducteur d’engin désireux de sortir de la capitale Conakry devrait se soumettre à de tests de dépistage contre le COVID-19, est complètement foulée au sol par certains chauffeurs.

Ce vendredi 12 Juin, onze(11) véhicules ont été arraisonnés alors qu’ils étaient en partance pour l’intérieur du pays. ils ont été présentés par Le commissariat spécial de la sécurité routière de Matam.

Pour le Commandant Ibrahima Sory Touré, commissaire spécial de la sécurité Routière de Matam, plusieurs de ces véhicules empruntent différentes routes peu contrôlées pour échapper au contrôle. L’officier révèle par ailleurs que cette technique adaptée a été mise à nu ces derniers temps, ce qui a conduit à l’arraisonnement de ces véhicules avec plusieurs passagers à bord.

« Les instructions ont été données par le département et par le chef de l’Etat, aucun véhicule ne doit sortir si le chauffeur n’a pas passé le test de COVID-19. Nous aussi, on a mis les dispositifs en place et je crois savoir que les syndicats ont été informés. Ceux-là qui sont présents, ce sont eux qui ont violé ces dispositifs. On a tout fait pour les bloquer, mais ils disent que la gare routière est fermée qu’elle n’est pas opérationnelle. Mais à des heures indues, on rencontre ces véhicules, puisqu’on se connait et on connait toutes les sorties, cela nous a emmené à arraisonner onze(11) véhicules avec les passagers à bord et les bagages », explique-t-il.

Dans les mesures de l’état d’urgence sanitaire, il est mentionné que le chauffeur en partance pour les provinces doit avoir l’attestation ou le certificat sanitaire qui mentionne qu’il est négatif au COVID-19.

Samounka Soumah, propriétaire d’un des véhicules arraisonnés, déclare ne pas savoir tout ce temps si cette mesure était en vigueur.

« L’information qui avait été donnée auparavant, j’étais au courant de cela, en ce moment j’avais entendu que c’était non seulement les bagages, les chauffeurs et les apprentis qui sortaient. Mais le mouvement des chauffeurs avec des passagers à bord des véhicules, j’ai fait trois mois sans le faire. Mais présentement, on a commencé à transporter les bagages sans passagers, c’est pourquoi je me suis manifesté. Mardi, on récupère les bagages puis on se retourne mercredi à N’Zérékoré sinon les dispositions qui sont venues par la suite, on n’était pas informé » indique ce conducteur. Il a présenté par la suite ses excuses aux autorités et promis ne plus reprendre ces voyages clandestins.

Pour sa part, le premier secrétaire général à l’organisation du syndicat des transporteurs a soutenu les propos du chauffeur qui, pour lui, n’était pas au courant de cette mesure mise en place par les autorités sanitaires et gouvernementales.

« Vous saviez depuis que la pandémie a commencé, les gares routières ont été immédiatement fermées. Concernant ce cas, il ya une petite erreur, les chauffeurs qui sont là, sont des gens qui ont quitté N’Zérékoré le mardi. Alors que c’est le mardi que nous avion fait une réunion, donc, ils sont rentrés à Conakry sans se rendre compte des nouvelles dispositions comme quoi il est obligatoire pour tout chauffeur de disposer d’un certificat de dépistage contre le COVID-19 sans quoi, il ne peut bouger. Tous ces véhicules n’ont pas été chargés dans les gares routières puisque c’est a partir des différents contacts via les téléphones qu’ils (Chauffeurs ndlr) chargent leurs véhicules en passant chez les passagers » En attendant, nous plaidons pour la cause de ceux qui sont là en promettant que cette erreur ne va plus se reproduire » a aussi plaidé Mamadou Aliou Diallo.

Ces arraisonnement se déroulent seulement deux jours après que le ministre de la sécurité et de la protection civile, Albert Damantang Camara, est passé au siège du syndicat des transporteurs sis à Matam pour une sensibilisation sur le respect des mesures en vue de prévenir le COVID-19 dans les rangs de conducteurs de tout engins.

Mais force est de reconnaître que le message du ministre ne semble pas pour le moment tombé dans de bonnes oreilles.

Moise Rama Fils