A Conakry, 61% des routes revêtues en 2018, sont en mauvais état (Ministre TP)

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Conakry, Guinée : les chiffres font simplement froid dans le dos. Ils sont officiels puisque fournis par les services techniques du ministère des Travaux publics : 61% des routes revêtues en 2018 sont, deux ans après, impraticables.

Lors du conseil des ministres, c’est le ministre des Travaux Publics, Moustapha Naité, qui fait le constat. Extraits de la communication.

« Le Ministre a informé que suite à ces travaux, au premier trimestre 2018, une campagne d’inspection du réseau routier national a été effectuée par les Services Techniques de la Banque de Données Routières (BDR).
Les résultats révèlent que sur les 2 235 km de routes nationales revêtues inspectés, 67% sont en bon état, 12 % sont dans un état moyen et 21% dans un état mauvais donc de dégradation avancée. Sur les 1 059 km de routes nationales en terre inspectés, seulement 43% sont en bon état, 17% sont dans un état moyen et 40% sont dans un mauvais état.

A Conakry, la campagne a révélé sur 325 km de voies urbaines que seulement 7% étaient en bon état, 33% en état moyen et 61% en mauvais état. En 2018, sur instruction du Président de la République, une nouvelle campagne de travaux d’urgence spécialement pour la Capitale a été exécutée.
Cette campagne a consisté pour le premier lot aux travaux de resurfaçage des chaussées, de bouchage des trous et réfections, de remise en place des bordures et trottoirs, de signalisation horizontale et verticale, de canalisation au droit des carrefours, de fournitures d’équipements, d’aménagement et d’entretien du réseau routier pour un montant de 301 447 346 823 GNF TTC et pour le deuxième lot portant sur  les travaux de fermeture des caniveaux et construction des murets de protection, de traitement des accotements, d’équipements et matériels de nettoyage de chaussées et accotements pour un montant de 241 595 423 120 GNF TTC. Soit au total 543 milliards GNF TTC.« 

Les citoyens se sont toujours posés des questions sur la rapidité avec laquelle les routes revêtues se dégradent dans la capitale. Si beaucoup d’usagers de la route sont à blâmer, du fait de leur action négative sur la chaussée, le ministère des Transports tout comme les services de l’Etat qui passent des contrats de travaux routiers, sont responsables de cette situation dans laquelle les deniers publics sont, apparemment, jetés comme par la fenêtre. La qualité des travaux, tout comme la capacité technique des entreprises contractuelles sont à revoir.

Pour ces travaux de 2018, le ministre des TP lui-même rappelle que le gouvernement avait délié les cordons de la bourse en affectant plus de 300 milliards gnf à l’entretien des routes.

Et ce n’est pas fini. Face au président de la République et aux ministres de la République, « Il a informé que les travaux d’urgence à réaliser interviendront sur 1 650 km linéaires de routes dont 965 km de routes revêtues et 685 km de routes en terre. Ces travaux vont requérir un montant de 978 milliards GNF soit 670 milliards GNF pour les routes revêtues et 308 milliards GNF pour les routes en terre. » Une grosse saignée financière en cours.