Période COVID-19 : Faible fréquentation des patients en milieu hospitalier à Conakry

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Conakry-Guinée : Depuis l’avènement de coronavirus en République de Guinée, la fréquentation des patients est en baisse dans plusieurs structures sanitaires à Conakry.  C’est du moins ce que révèle le constat de certains soignants interrogés par notre reporter ce mercredi, 9 septembre, au Centre de santé de Tombolia.  Par peur d’être testé positif au COVID-19, les patients se font rares en milieu hospitalier. Une situation qui inquiète les professionnels de santé face à la monté en puissance de l’automédication d’autant plus que les pharmacies par terre envahissent les rues de Conakry.

À l’entrée principale du Centre de santé de Tombolia, un quartier de la haute banlieue de Conakry, le contrôle est strict et le passage est surveillé à l’accueil par la réceptionniste, assise derrière son bureau, au fond du petit local. Pandémie oblige, Ramata Ly, insiste sur le port obligatoire des masques. Elle vient à peine d’enregistrer une patiente, mais en parcourant son registre, Ramata constate la faible fréquentation des malades depuis l’avènement de la COVID-19. « Avant l’arrivée de la COVID-19, on avait assez de malades qui fréquentaient notre centre. Mais maintenant, il y a une forte diminution des patients.  Néanmoins une légère amélioration est intervenue au mois d’Aout dernier, en ce qui concerne la fréquentation », explique –t-elle.

Un peu plus loin à l’intérieure de cour, on aperçoit des fleurs qui embellissent la nature. Non loin de ces plantes exotiques, les quelques rares patients présents pour la consultation sont assis pèles- mêles, sur les bancs alignés dans la salle d’attente. L’urgence se lit sur certains visages. C’est le cas par exemple de Moussa. Terrassé par la fièvre, le quadragénaire a besoin d’un soin rapide. Mais par peur d’être tester positif de COVID-19, le jeune homme est resté longtemps à la maison. « À cause de l’ampleur de la pandémie, j’étais inquiète de venir au centre de santé pour la consultation. C’est travers des médicaments de la rue que j’administrais pour mon traitement », rappelle Moussa Soumah, un patient visiblement souffrant.

De cabine en cabine, dans les salles de soins, le visiteur découvre la faible présence des patients. Ici la fréquence est en deçà de 50 %, nous indique Siba Pivi, l’un des soignants du jour. « Ce que je constate personnellement, c’est la baisse de l’affluence qui est en dessous de la moyenne. Parce qu’avant on travaillait beaucoup, surtout les lundis et mardis, les patients nous débordaient », a laissé entendre, notre interlocuteur.

Néanmoins, il y a une légère amélioration de la fréquentation des patients, ces dernières semaines, nous indique l’un de ses collègues. « Comme la gravité de coronavirus est en   diminution, nous constatons ces derniers moments, une reprise progressive de la fréquentation des malades en milieu sanitaire », poursuit-il.

Cette reprise du climat habituel dans le secteur médicale peine à se faire ressentir dans la plupart des officines à Conakry, la capitale guinéenne, déplore un pharmacien professionnel. Selon Dr. Ousmane Baldé, la faible fréquentation des malades dans les structures sanitaires a également provoqué la baisse de la clientèle dans les pharmacies.

C’est le même constat chez les pharmacies par terre. Elles sont plongées visiblement dans la même galère. La clientèle se fait de plus en plus rare a laissé entendre une vendeuse de médicaments, au marché d’Enta, un autre quartier de la haute banlieue de Conakry. 17heures, mardi soir, Yarie, 35 ans, vient de sortir son étale en plein cœur de ce centre de négoce, elle peine à se faire des économies. « Avant je pouvais revendre plus de 300.000 GNF par jour, mais aujourd’hui je ne parviens pas à gagner la moitié de cette somme », regrette Mme Mafoudia Sy Savane.

Il faut rappeler que depuis l’avènement de coronavirus, les professionnels de santé publique sensibilisent et encouragent la population à fréquenter les structures sanitaires en cas de malaise. Ils insistent surtout dans leurs plaidoyers sur l’abandon de l’automédication. Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces derniers moments.                

Saloum Condé