Dr Fodé Oussou, Député à l’Assemblée nationale et Président du groupe parlementaire Libéral-Démocrate ( Opposition), s’est prêté ce mercredi 18 juin aux questions de GuinéeTime. Le vice-président de l’UFDG se prononce sur la présentation de la lettre de politique générale présentée hier par le premier ministre Mohamed Said Fofana et d’autres sujets. Lisez
GuinéeTime- L’opposition n’a pas pris part hier à la présentation de la lettre de politique générale du gouvernement. De loin, comment avez-vous réagit ?
Dr Fodé Oussou : Nous avons été surpris que le premier ministre vienne à l’Assemblée nationale pour parler de sa politique générale. Je fais partie de ceux qui ont élaboré de la deuxième session parlementaire qui devait finir le 4 juillet, nulle part il n’était prévu que le premier ministre devait passer à l’Assemblée nationale. Jusqu’à notre départ, ce n’était pas prévu. Nous avions demandé qu’il – Mohamed Said Fofana, ndlr- vienne parler de sa politique mais on nous a répondu que ce n’était pas possible et qu’il fallait attendre la session budgétaire. Donc je considère qu’ils ont attendu notre absence pour programmer le premier ministre, peut être pour qu’il se sente à l’aise en face des députés de la mouvance. Ce, pour ne pas recevoir des questions qui fâchent.
Au lieu de la politique générale du gouvernement, le premier ministre a fait le bilan. Ce bilan est connu de tous les guinéens. Les guinéens s’attendaient à mieux, à la vision du gouvernement par rapport au secteur de l’eau, de l’énergie, à l’enseignement …mais pas le bilan. Je considère que le premier ministre est parti complètement à côté. C’est dommage mais je considère que c’est sciemment fait, bien programmé pour qu’on soit absent.
Quelles questions poseriez-vous au Premier ministre Fofana si vous étiez dans la salle ?
J’aurais demandé à Mohamed Said Fofana de me donner la définition et le rôle d’un premier ministre. Celui que nous avons se comporte exactement comme s’il était directeur de campagne d’un parti politique. C’est un premier ministre qui est dans les mosquées, qui inaugure les mosquées , qui distribuent des sacs de riz et qui fait des tours entre Conakry et Forécariah. L’article 58 de la Constitution guinéenne dit que « Le premier ministre est responsable de la promotion du dialogue social et veille à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques. »
En vertu de cette disposition, nous lui avons écrit pour le demander d’ouvrir le dialogue afin qu’on parle de l’Accord politique du 3 juin 2013…Au lieu de venir à l’hémicycle parler du bilan de M. Alpha Condé, il était de sa responsabilité de convoquer les partis politiques, puisqu’il sait pourquoi nous avons quitté l’Assemblée nationale. On aurait pu parler de l’organisation des élections prochaines et de ce sur quoi on s’était mis d’accord.
Je retiens que dans mon pays la Guinée, le premier ministre ne peut pas convoquer un dialogue social parcequ’il attend des instructions du président de la République. Donc le président de la République devient le premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, bref le président de tout.