Tueries à Coyah et Dubréka : L’OGDH fustige le laxisme de la Justice en Guinée

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Conakry, Guinée : Sept personnes ont été tuées mardi à Conakry et dans le nord-ouest de la Guinée lors de heurts avec les forces de l’ordre liés à des barrages routiers contre le coronavirus et aux coupures d’électricité.

L’Organisation Guinéenne des Droit de l’Homme ampute cette responsabilité à l’Etat. Abdoul Gadiri Diallo que notre rédaction a joint ce mercredi 13 Mai, au lendemain de ces tueries dénonce une justice à double vitesse dans le cadre des poursuites des personnes accusées dans les exactions répétées dans le pays.

Les violences perpétrées par les forces de l’ordre qui se soldent toujours par des cas de morts dans le pays sont les conséquences directes du manque de sanctions que l’Etat devrait prendre contre les personnes qui utilisent des balles réelles pour disperser des manifestants, a soutenu Abdoul Gadiri Diallo.

« On a toujours eu l’impression que les agents de forces de l’ordre sont au dessus de la loi et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent aussi longtemps qu’on n’aura pas mis en place un mécanisme qui permet effectivement d’identifier et de situer les responsabilités face aux bavures policières. Il faut que l’Etat parvienne à faire la part des choses, que l’Etat comprenne aussi bien les gendarmes, des policiers, les militaires et citoyens sont des fils de ce pays et qu’ils ont l’obligation de les protéger de la même manière et dans les mêmes conditions » s’offusque Gadiry Diallo.

Ce défenseur des droits de l’homme estime que le système judiciaire doit ouvrir des informations judiciaires pour situer les responsabilités.

« On a vu des magistrats s’auto-saisir des à présent que ces situations concernent des citoyens. Aujourd’hui, on a des personnes qui sont arrêtées pour des épiphénomènes, la justice s’est empressée de les inculper. Je parle du cas de Foniké Mangué, de Saikou Yaya Diallo, là les magistrats sont prompts à prendre des dispositions. Mais quand il s’agit des crimes, où des hommes sont morts, ils font comme s’ils ne sont pas sur ce territoire, ils font comme s’ils n’existent pas. Mais je ne sais pas quel est le cœur qui bat dans l’organisme des ces personnes qui sont chargées de l’application de ces droits. Quel type de cœur bat dans l’organisme de ces agents de police, gendarmes et autres qui tuent délibérément » durcit Abdoul Gadiri Diallo.

Pour le président de l ‘OGDH, l’argument avancé par l’Etat qui concerne la limitation de la propagation du COVID-19 est une aubaine pour faire du n’importe quoi dans le pays.

« Il était convenu qu’il ait une trêve et que chacun tienne compte du fait qu’aujourd’hui on est dans une situation de crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus. Mais c’est l’occasion mise à profit par les agents des forces de l’ordre pour faire la chasse aux sorcières. C’est-à-dire l’Etat qui devrait créer les conditions de l’apaisement, sont les mêmes agents de l’Etat qui créent les conditions de l’implosion » a-t-il estimé.

Le président de l’Organisation Guinéenne des Droit de l’Homme s’interroge à la fin comment l’Etat pourra gérer la situation de ces tueries après la crise sanitaire liée au COVID -19. Une autre paire de manche.

Moise Rama Fils