« La religion ne doit pas servir d’instrument de révolte » dixit le Grand Imam de Conakry)

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Conakry, Guinée : Suite à l’ouverture forcée des mosquées, Guinéetime a pris langue avec El hadj Mamadou Saliou Camara qui livre son analyse de la situation.

Ces dernières heures, Kamsar et Dubréka ont donné le ton. Ces localités forcent l’ouverture des mosquées, fermées par les autorités afin d’éviter la propagation de la pandémie de la COVID-19.

Des jeunes surchauffés ont cassé les portes de plusieurs mosquées afin de permettre aux fidèles d’accomplir leur devoir religieux en ce mois de Ramadan. Sauf que l’idée de braver les interdits de l’autorité n’enchante pas le grand Imam de la mosquée Fayçal. El Mamadou Saliou Camara pense que tout acte qui va à l’encontre des instructions faites par une autorité est interdite par la religion musulmane.

« Au niveau du guinéen et l’intellectuel musulman, cet acte est trop bas. On ne doit pas minimiser les connaissances en religion sinon l’obéissance dans la religion musulmane doit être obligatoire comme les cinq(5) prières du jour » affirme le Grand Imam de la Mosquée Fayçal.

Coyah entre revolte contre le barrage et l’ouverture des mosquées

« Si le gouvernement guinéen a décidé ainsi (Fermeture des lieux de cultes ndlr) et il est à savoir que ce n’est pas le gouvernement guinéen seulement qui a décidé de la fermeture des lieux de cultes notamment les mosquées, c’est presque tout le monde entier. Il est vrai qu’il y a des pays qui n’ont pas fermé les mosquées, mais ces pays connaissent l’état de leur population…Ce qui expliquerai leur décision concernant les lieux de cultes. Nous ici, notre gouvernement n’a pas encore eu une position qui lui permettra d’ordonner des grands regroupements. Vous saviez très bien la pauvreté qui règne dans notre pays et si cette maladie rentre dans les villages, qui va protéger cette population villageoise par quels moyens ? Voila la grande question » S’est interrogé l’imam ratib de la grande mosquée Fayçal.

Très inquiet, El hadj Camara lance un appel pressant à certains religieux, qui selon les informations, poussent les jeunes à la révolte afin de pouvoir ouvrir les mosquées en cette période de Ramadan.

« Je dis humblement aux gens que la religion ne doit pas servir d’instrument de révolte contre les instructions du gouvernement qui nous a dit qu’il veut nous protéger. C’est lui (gouvernement ndlr) qui connait cela mieux que nous. Nous, en tant que chefs religieux, devrions ensemble obéir aux instructions faites par les autorités sanitaires, le gouvernement et les chefs religieux » conseille El hadj Mamadou Saliou Camara.

Hier mercredi, à Kamsar, Coyah et à Dubreka, en Basse-Guinée, plusieurs citoyens ont revendiqué pour l’ouverture des lieux de culte. En ce mois saint de ramadan, les musulmans vivent une situation inédite. A la Mecque, lieu de référence de la Ummah islamique, les portes des mosquées sont fermées et les mesures pour le contrôle de la covid-19 sont en cours. Le pèlerinage musulman ne devrait d’ailleurs pas avoir lieu, exceptionnellement cette année à cause de la crise sanitaire.

La Guinée enregistre plus de 2300 cas confirmés au nouveau coronavirus. Et la gestique jugée « brouillonne » de la pandémie, aux dires de l’opposant Cellou Dalein Diallo, ne permet pas de voir l’horizon très clair quant au début du déconfinement.

Moise Rama Fils