Guinée-Covid-19 : attention à la contamination des préfectures !

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Conakry, Guinée : jusque-là circonscrite à Conakry, épicentre de la pandémie covid-19 en Guinée, certaines préfectures du pays notifient des cas de contaminations. Une pente glissante.

Ce lundi 18 Mai, les autorités sanitaires de Kindia, à plus de 130 km de la capitale, confirment désormais 7 cas positifs à la covid-19. Des religieux de la Cité des Agrumes sont touchés tout comme des employés du centre de traitement épidémiologique CREMS.

Six de ces malades sont sous traitement dans ce centre de traitement et un cas de décès est à déplorer.

A Mamou, ville carrefour, l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) rapporte un cas positif et 32 personnes contacts sont sous surveillance.

Dans la Cité de l’Alumine, à Fria, cinq personnes sont aussi testées positives et sont transférées au CREMS Kindia.

A N’Zerekoré, un chauffeur, venant de Conakry après les tests covid-19, a été transféré sous bonne escorte vers la capitale après la confirmation de ses résultats.

Plus de 93 % des malades de covid-19 en Guinée sont concentrés dans la capitale guinéenne, selon l’ANSS. Les quartiers Almamya, Gbessia, Camayenne, Yimbaya, Lambanyi et Nongo sont les plus touchés.

Depuis quelques heures, la peur commence à s’installer dans le pays avec les préfectures qui notifient des cas de covid-19.

La Guinée a décrété l’état d’urgence sanitaire depuis deux mois. Mais le rythme de contaminations progresse en dépit de ces mesures restrictives sur les mouvements de personnes entre Conakry et l’intérieur de la Guinée.

Les barrages routiers où le contrôle a été renforcé depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, font objet de critiques. Leur porosité fait que des citoyens quittent la capitale, foyer locale de la pandémie, pour la Guinée profonde, jusque-là très épargnée. Depuis quelques jours, d’ailleurs, le couvre feu a été levé pour les préfectures de l’intérieur du pays au regard des statistiques disponibles de l’ANSS. Le chef de l’Etat, Pr Alpha Condé, s’est-il trompé? L’avenir proche nous édifiera.

En plus d’annoncer l’interdiction de voyages dans des communiqués laconiques; les départements concernés par cette interdiction de sortie de Conakry, le ministère de la Sécurité en premier, devraient mettre plus de rigueur au niveau des barrages routiers. A coup de quelques billets de banque sonnants et trébuchants, des personnes se déplacent entre Conakry et l’intérieur.

Le ministre de la Santé publique, Dr Rémy Lamah, devrait revoir au sein de son département les certificats délivrés pour la sortie de la capitale et autres déplacements entre préfectures. il est encore temps.

La Guinée a un système sanitaire « fragile », le Conseil Scientifique l’a clairement notifié dans son premier avis. Faire montre de plus de légèreté et de laxisme dans la gestion globale de la covid-19 exposerait plus le pays et le déconfinément risque de prendre du temps. C’est le moment d’accentuer les efforts dans le suivi des contacts et d’appliquer strictement l’interdiction des mouvements entre Conakry, la malade, et les régions.

A Conakry, d’abord, les autorités sanitaires n’arrivent pas pour le moment à rompre la chaine de contaminations à la covid-19. Nul ne peut imaginer si plusieurs autres préfectures sont fortement contaminées, en même temps !

Ama Coronthie