Kankan: rupture de traitements pour les malades de la tuberculose

0
745

 Kankan, Guinée : L’alerte est donnée depuis plusieurs jours : les centres de prise en charge des malades de la tuberculose du pays sont en rupture d’ intrants et molécules.

A kankan, même si le centre dispose d’une certaine quantité,  celle-ci pourrait bien finir d’ici la fin du mois. C’est du moins l’information recueillie par le correspondant de guineetime.com basé à kankan auprès du point focal Tuberculose de la direction préfectorale de la santé.

En effet, la covid-19 continue de menacer tous les secteurs d’activités de la vie. Le domaine de la santé, n’en fait pas exception. La fermeture des frontières guinéennes a entraîné l’épuisement des stocks de produits pharmaceutiques dans certaines structures sanitaires du pays notamment les centres de traitement de la tuberculose.

Les intrants et molécules pour ces personnes souffrant de cette pathologie, sont devenus des denrées rares dans presque tout le pays. Chose qui ralentit le traitement voir même aggrave la maladie.

Dr Segbé KOUROUMA, Point focal tuberculose à la DRS de Kankan est préoccupé.

« Les collègues m’appellent de partout même de Conakry pour demander des produits pour leurs patients parce qu’ils ont épuisé leurs stocks. J’ai bien géré le mien c’est pourquoi je possède un peu pour ce mois ».

En Guinée, selon le programme national de lutte contre la tuberculose, « au cours de la période 2009-2013, couverte par le dernier Plan Stratégique, 54 677 cas de tuberculose toutes formes dont 39 949 TPM+ ont été mis sous traitement. Malgré ces résultats encourageants, des difficultés persistent dans la gestion du Programme, le diagnostic et le traitement des malades, la prise en charge de la coïnfection TB/VIH et de la tuberculose multi-résistante. »


Notre interlocuteur nous confie que par peur de développer la maladie, les patients courent de partout pour Kankan mais l’insuffisance des produits est une triste réalité.

« Généralement à chaque trimestre, on nous dote ici en intrants et en consommable mais avec cette crise, on nous apprend qu’il n’y a plus de stock. Si les choses ne changent pas d’ici la fin de ce mois, nous serons en rupture totale ! D’autres patients viennent d’ailleurs pour avoir ce traitement mais ils n’en trouvent pas. Ça c’est un danger imminent pour le pays » a alerté Docteur KOUROUMA

A noter que près de 300 personnes suivent le traitement anti-tuberculeux dans ce centre de traitement. Alors il est temps et d’ailleurs grand temps de prendre des dispositions afin que ces personnes puissent avoir les intrants pour ne pas leur état de santé se dégrade

10 millions de personnes infectées

La tuberculose, maladie transmissible, est une cause importante de mauvaise santé, l’une des 10 premières causes de décès dans le monde et la première cause de décès due à un seul agent infectieux (avant le VIH/sida).

Environ un quart de la population mondiale est infectée par M. tuberculosis et donc exposée au risque de développer la tuberculose

Selon les chiffres de l’OMS, environ 10 millions de personnes (marge d’incertitude : 9,0-11,1 millions)  ont contracté la tuberculose en 2018, nombre qui est resté relativement stable au cours des dernières années.

Au plan géographique, la plupart des cas de tuberculose en 2018 se trouvaient dans les Régions OMS de l’Asie du Sud-Est (44 %), de l’Afrique (24 %) et du Pacifique occidental (18 %), avec des pourcentages plus faibles observés dans les Régions OMS de la Méditerranée orientale (8 %), des Amériques (3 %) et de l’Europe (3 %).

 Huit pays représentaient les deux tiers du total mondial : l’Inde (27 %), la Chine (9 %), l’Indonésie (8 %), les Philippines (6 %), le Pakistan (6 %), le Nigéria (4 %), le Bangladesh (4 %) et l’Afrique du Sud (3 %). Ces pays et 22 autres pays figurant sur la liste de l’OMS des 30 pays où la charge de la tuberculose est élevée représentaient 87 % des cas dans le monde

En 2019, le financement des donateurs internationaux s’élève à US $0,9 milliard, dont 73 % proviennent du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (le Fonds mondial). Ce total est bien en deçà des besoins annuels de US $2,7 milliards, selon les estimations du Plan mondial.