Mines- La Compagnie des bauxites de Guinée épinglée dans un rapport

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La Compagnie des bauxites de Guinée et ses partenaires financiers internationaux, dont l’Allemagne, sont accusés de n’avoir pas tenu leurs engagements envers les habitants d’un village situé en Basse-Guinée.

Les habitants de Hamdallaye en ont gros sur le cœur. Victimes d’accaparement de leurs terres, de la destruction de leur environnement et de leurs moyens de subsistance, ils en veulent à la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) qui n’aurait pas respecté sa promesse d’une bonne indemnisation.

« On nous a envoyé dans une zone déjà exploitée. Aucune plante ne peut pousser là-bas. Quand il pleut, il y a de l’eau partout, toutes les maisons sont inondées. Nous demandons le respect du pacte établi en 2015 », souhaiteLamarana Mamadou Bah, agriculteur à Hamdallaye. 

« Le processus d’acquisition de logements biaisé »

Ces conditions de vie difficile sont confirmées par Pascal Tanguiano, directeur du Centre du commerce international pour le développement (Cecide), un des initiateurs du rapport publié« Nous avons par exemple recensé un cas emblématique : une veuve et ses sept enfants qui n’ont pas de logement. Il n’y a pas de canaux d’évacuation des eaux et les maisons sont inondées. La question des terres de remplacement n’a pas été réglée avec satisfaction. Tout le processus d’acquisition de logements et d’indemnisation a été aussi biaisé », regrette M. Tanguiano. 

Lire aussi → Le rapport intégral

Face aux engagements non tenus, ces ONG guinéennes et internationales invitent donc la Compagnie des bauxites de Guinée et ses soutiens financiers, dont la Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale, à réparer ce qu’elles qualifient d’injustice et d’atteinte aux droits de l’homme.  

« La société minière et la société financière internationale devraient être en mesure d’avoir une obligation de vigilance pour suivre tout le processus d’indemnisation et de réinstallation », poursuit Pascal Tanguiano.

En 2016, la Société financière internationale avait accordé un prêt de 135 millions d’euros à la Compagnie des bauxites de Guinée en vue de l’aider à intensifier ses activités. 

Deux ans plus tard, les habitants des villages de la région de Boké avaient déposé  auprès de cette filiale de la  Banque mondiale une plainte contre la Compagnie des bauxites de Guinée, pour non-respect des lois nationales et internationales.

Human Rights Watch s’était elle aussi indignée de la situation des populations de cette région. 
Pour sa part, la représentation allemande de l’ONG Fian reproche au gouvernement allemand son soutien financier, à hauteur de 293 millions de dollars, à une entreprise peu soucieuse selon elle du respect des droits fondamentaux de l’homme.

« La CBG tient à indiquer que la relocalisation du village de Hamdallaye a été réalisée conformément aux standards de la Société Financière Internationale (SFI), et sur la base d’un Plan d’Action, de Réinstallation et de Compensation (PARC). Ce plan a été rendu publique et validé collectivement avec toutes les parties prenantes » lit-on dans un communiqué de la CBG.

« Toutes les décisions relatives à sa mise en œuvre ont été prises dans le cadre du « Comité de Réinstallation de Hamdallaye ». Des représentants des autorités communales et sous-préfectorales, les autorités coutumières, les représentants de chaque lignage du village de Hamdallaye (hommes, femmes et jeunes) en font partie. L’élaboration et la mise en œuvre du PARC de Hamdallaye ont été réalisées dans le cadre d’un processus participatif et inclusif. Dans le cadre de ce PARC, la CBG a construit 173 habitations, un poste de santé, une école de 6 salles de classes, une mosquée de 300 places équipée de panneaux solaires, un marché, un centre polyvalent Communautaire, et 6 forages d’eau potable fonctionnels au moment du déménagement » poursuit la société.

« Le processus participatif d’engagement communautaire, se défend la CBG, qui a abouti au déménagement de la communauté de Hamdallaye a commencé au mois de novembre 2019, bien avant la pandémie de COVID-19. A la fin du mois de novembre 2019, les autorités administratives de Sangarédi, les Communautés de Hamdallaye et la CBG ont décidé d’un commun accord de créer une commission spéciale ayant pour mission de discuter des modalités de déménagement de la communauté de Hamdallaye. Au cours du mois de février 2020, les communautés ont reçu les clés de leurs nouvelles maisons et ont commencé leurs aménagements intérieur et extérieur.  En début mars, la plupart des familles avait commencé à transporter leurs effets personnels sur le nouveau site, encore bien avant la déclaration de la pandémie de Covid-19 par les autorités guinéennes, contrairement aux allégations reprises sans vérification dans certains media, notamment internationaux. »

 

Avec DW