Émigration irrégulière : les anciens migrants devenus des messagers

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Conakry, Guinée : Dans le cadre de ses activités migratoires, l’Organisation internationale pour la migration (OIM), a mis sur pied ce lundi 13 juillet le projet dénommé MAM ‘’ Migrants As Messengers’’ autrement dit les migrants messagers.

Cette initiative consiste à la mise en œuvre d’un plan de planification en synergie avec les volontaires basés dans 4 villes guinéennes en occurrence, Conakry, Mamou, Kankan et Beyla. Ce projet a pour objectif, de mettre en place un mécanisme d’échange et de partage d’informations utiles entre les volontaires d’une part, mais aussi entre les volontaires et l’équipe de l’OIM en charge de l’exécution du projet, présenter aux volontaires dans sa globalité la stratégie de mise en œuvre et le rôle des différents protagonistes.

En effet, la Guinée étant un pays à forte tradition migratoire, depuis l’année 2016, les statistiques traitant du phénomène migratoire rapportent un regain d’intérêt des candidats guinéens pour la migration irrégulière vers l’Europe. 13300 migrants sont en effet arrivés en Italie en 2016, soit une augmentation de 376% par rapport à 2015. Ainsi, en 2018, la majorité des migrants mineurs identifiés en France étaient originaires de la Guinée. Un constat qui renforce la mise en place de ce projet MAM.

«Ce projet c’est d’associer les migrants retournés, mais pas simplement des migrants qui ont fait la migration irrégulière, ça peut être des gens qui sont partis étudier à l’étranger » affirme Lucas Chandelier, chargé de communication à l’OIM.

«À la sensibilisation, à la fois sur le danger de la migration irrégulière, mais aussi sur les voies de migration légale, les opportunités qui existent en Guinée. La Guinée, au niveau de la migration irrégulière, les femmes sont assez minoritaires, dit-il ».

Victime de cette pratique périlleuse, Diallo Fatoumata membre de l’organisation guinéenne pour la lutte contre la migration irrégulière pense tirer profit de cette initiative.

« J’ai vécu des choses horribles en Algérie, les femmes sont régulièrement violées, les gens meurent sur la traversée du désert. Avant d’aller en Algérie, les compatriotes qu’on a trouvés là, nous faisaient espérer qu’il y a beaucoup de travail là-bas, une fois sur ce territoire, c’est le contraire. Dès Bamako, j’ai commencé à rencontrer des soucis financiers, j’ai quitté le pays avec 1 million de francs guinéens a précisé Fatoumata Diallo.

Des mécanismes d’échange d’Information entre volontaires MAM et personnel OIM ont mis en place, des photos d’illustration des portraits des volontaires, des interviews sur leurs parcours migratoires et leur motivation. Ce, dans l’espoir d’une baisse des flux de l’émigration irrégulière et encourager la mise en place des activités génératrice de revenus en Guinée.