« Le multipartisme intégral est à la base de l’ethnocentrisme en Guinée » (Sociologue)

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Conakry, Guinée : Pour Ismaël CONDE, Professeur de sociologie à la retraite, « le multipartisme est à la base de l’ethnocentrisme et les violences entre les Guinéens. »


Face à la presse ce vendredi 21 Août 2020, le doyen Ismaël Condé a affirmé que le problème guinéen tire son origine du multipartisme. De ce fait, il accuse certains politiciens et intellectuels qui ont imposé ce multipartisme intégral.

Selon lui, il faut tirer les leçons du passé et réduire les partis politiques à deux.
Le professeur de sociologie revient sur l’historique du multipartisme.

«De 1946 à 1958, le multipartisme à créé la guerre ethnique en Guinée, la violence extrême entre les Guinéens, ce n’est pas pour rien qu’il faut tirer les leçons de l’histoire. Donc pour éviter ça, il faut faire deux partis. L’alternance qui caractérise la démocratie à l’occidentale se définit comme la succession dans un cadre démocratique de deux régimes à orientations politiques différentes » prône-t-il.

Selon l’ancien professeur de sociologie, tout ce que le pays traverse aujourd’hui a été prédit par le président feu Lansana Conte, lequel a a tenu à ce qu’il y ait deux partis politiques seulement en Guinée.

« Ce sont nos frères intellectuels rentrés de l’Etranger qui ont dit qu’il faut le multipartisme intégral. Donc si vous voyez que je condamne une certaine élite politique, intellectuelle, c’est à partir de ce fait. Parce que je suis sûr, si on avait suivi la proposition du général Conté, deux partis politiques, un parti Libéral, un parti socialiste, on n’aurait pas pu dresser les ethnies les unes contre les autres » a-t-il déploré.

Ismaël Condé a par ailleurs tiré à boulets rouges sur les politiques qui parlent d’alternance en Guinée.

« Dans les démocraties que nous copions, en France l’alternance est entre la gauche et la droite. Aux États-Unis d’Amérique, nous suivons la campagne, c’est le libéralisme économique pur et dur défendu par Trump face aux démocratiques qui ne sont pas pour cette ligne pure et dure du libéralisme économique» a fait savoir le sociologue.