Massacres de 2009 : Onze ans après, Mamadou Bobo Bah, une des victimes, témoigne

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Conakry-Guinée : 28 Septembre 2009 – 28 Septembre 2020, il y a de cela 11 ans que la Guinée a connu les évènements douloureux du 28 Septembre 2009 au stade de même nom à Conakry. Plus de 159 Guinéens avaient perdu la vie ce jour-là, des personnes disparues, des femmes violées et violentées, des blessés graves.

Parmi ces blessés, Mamadou Bobo Bah qui avait reçu deux balles au niveau du pied droit a été finalement amputé. Au moment de ce drame, ce jeune faisait la 12eme et avait 21 ans. Aujourd’hui, du haut de ces 32 ans, Mamadou Bobo Bah a abandonné les études pour manque de soutien et son état de santé se dégrade de jour en jour. « Là où je suis, je ne me sens pas très bien. J’ai la plaie au niveau du pied, je ne peux pas marcher très bien avec la protège. J’ai tapé à beaucoup de portes, j’ai des ordonnances impayés, plus de 15 ordonnances », témoigne ce jeune désespéré. Il souhaite de voir le procès du dossier du 28 Septembre se tenir à la Cour pénale internationale. « Je suis membre de l’Association des victimes du 28 septembre, j’ai mes dossiers à la Cour Pénale Internationale. Quand Fatou Bensouda était venu en Guinée, on avait même discuté. Mais aujourd’hui moi, je dirai que c’est le pouvoir en place qui n’a pas la volonté, ils ont promis beaucoup de choses, cette année même, ils nous avaient promis le procès mais jusqu’à on a rien vu. Moi, je peux même dire c’est l’Etat qui empêche la tenue de ce procès. Et moi ma volonté est de voir ce procès se tenir ailleurs (Cour pénale internationale ou un autre pays), mais pas en Guinée quand même.

M. Mamadou Bobo Bah lance un appel aux autorités guinéennes pour une indemnisation partielle des victimes. « Je lance un appel à l’Etat d’abord de nous assister parce quand tu entends procès, c’est si la personne qui doit témoigner ce sens bien. Alors, nous demandons aux institutions nationales et internationales et à l’État de nous assister », conclut-il.

Oumar Camara