La viande de singes, d’antilopes ou de pangolins s’arrache toujours en RDC, malgré les risques de maladie

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Alors que de plus en plus d’espèces sont menacées d’extinction du fait de la surchasse et de la déforestation, la demande de viande de brousse ne faiblit pas et le braconnage s’intensifie.

Deux porcs-épics, deux antilopes pas plus hautes qu’un lévrier et trois macaques boucanés. Dans la pénombre de sa case, Jean-Paul Ebao montre le fruit de sa dernière battue – trois jours passés « en brousse », dans une forêt de l’Ituri, une province du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Corps vif et sec dans une chemise élimée, l’homme est chasseur professionnel. Armé de sa carabine, de cartouches « double zéro » ou de munitions qu’il fabrique lui-même avec des plombs et du soufre d’allumettes, il arpente régulièrement la jungle qui s’étend derrière son village de Bayenga. « Cette semaine, j’ai marché quatre heures avant de pister ma première antilope », raconte le quadragénaire.

« Quand j’étais enfant, les animaux s’approchaient au point de rentrer parfois dans les cases. Aujourd’hui, il faut s’éloigner toujours plus pour trouver du gibier. »

Surchasse et déforestation obligent, la viande de brousse est devenue une denrée rare ces dernières années en RDC. D’après le dernier « Rapport planète vivante » du Fonds mondial pour la nature (WWF), publié en septembre, les populations d’animaux sauvages ont chuté de 65 % en Afrique en l’espace de cinquante ans. Dans le seul bassin du fleuve Congo, entre 5 et 10 millions de tonnes de viande sont prélevées chaque année. Eléphants, rhinocéros, okapis, primates et quantité d’autres espèces y sont en grave danger d’extinction.

Le monde