N’Zérékoré : La fin du bicéphalisme au patriarcat n’est pas pour demain

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 N’Zérékoré-Guinée : Aujourd’hui, c’est une véritable confusion au sein de la famille du défunt patriarche Molou Horomo Zogbélemou. Le choix de son successeur est la pomme de discorde qui divise la grande famille Zogbélemou.

Au lendemain de l’enterrement du défunt patriarche, Molou Horomo Zogbélemou, les sept famille Zogbélemou de N’Zérékoré se sont retrouvés en conclave pour désigner Lambert Goikoya Zogbélemou, officier de police à la retraite, comme patriarche.

Voilà après une semaine, David Massa Zogbélemou, ex-porte-parole des sages, qui se voit  aussi choisi par les Zogbélemou pour le même fauteuil.

Ce lundi 28 décembre, c’était la présentation du doyen Lambert Goikoya Zogbélemou à la population de N’Zérékoré à Kwetèyapoulou, commune urbaine de N’Zérékoré, dans la « vraie » famille Zogbela. Cette cérémonie de présentation dont le préfet avait interdit s’était déroulée à la présence de six prêtres de l’église catholique venus des différentes paroisses du diocèse dont le vicaire général de la cathédrale, l’Abbé Jean Marie Guemou et les sept familles Zogbelemou.

Dans son message, le doyen Lambert Goikoya Zogbélemou se dit très satisfait par les témoignages des uns et des autres. Même qu’il est très content du geste de ses pères. « Moi, j’étais venu pour les funérailles. Au moment où je devrais me retourner, on me dit non, tu restes d’abord, la notabilité a besoin de toi. Je pensais que c’était autre chose, finalement ils m’ont retenu, j’ai obéi et ils m’ont désigné, aujourd’hui, ils ont confirmé.  Mes impressions sont très bonnes et je dois les honorer. Ils m’ont prodigué beaucoup de conseils, ils m’ont dit de prendre toute la population sur le même pied d’égalité, cela m’a beaucoup plu. Je suis un officier de police, c’est cela mon objectif même. Je recommande à la population d’enterrer tout ce qui s’est passé à N’Zérékoré. Reprenons à zéro, acceptons le vivre ensemble », déclare le doyen Lambert Goikoya Zogbélemou. Il dit apprendre que David Massa Zogbelemou est aussi désigné pour le même fauteuil de patriarche, mais il confie tout aux sages Zogbélemou de N’Zérékoré.

Joint au téléphone, l’autre doyen et désigné patriarche, David massa Zogbélemou, réclame le fauteuil : « Je confirme que je suis choisi comme patriarche de N’Zérékoré par mes pères Zogbela ». Pour lui, l’heure n’est pas à l’intronisation de qui que ce soit parce que la famille n’a pas fini avec le deuil. « Comme nous venons de perdre le vieux, les étrangers sont avec nous, après nous allons décider en famille pour mettre un administrateur dans la famille et le conseil des sages qui s’est réuni va peut-être voir dans la deuxième quinzaine du mois de janvier pour que l’intronisation soit faite », explique-t-il. Il a profité de l’occasion pour voler dans les plumes de son adversaire. « Moi-même qui est assis-là, David Massa Zogbélemou, je ne connais pas Lambert Goikoya Zogbélemou. La population de N’Zérékoré ne le connait pas et les membres de la famille Zogbélemou. C’est seulement une famille qui le connaît, les 75% des grandes familles Zogbélemou, personne ne le connait. Même si on le connaissait, on ne peut pas parachuter quelqu’un de la ville de N’Zérékoré pour dire que voici votre patriarche. Le problème de patriarche, c’est quelque chose qu’on apprend, il faut connaitre la population, il faut savoir parler à la communauté, il faut connaitre cette communauté. Le patriarche, c’est quelqu’un qui doit être très prudent et qui sait cultiver la paix. Quand les gens restent à Conakry, ils manufacturent une personne pour venir l’implanter, je pense que cela n’ira pas et cela ne pourra pas réussir », insiste le doyen David Massa Zogbélemou, l’autre prétendant au patriarcat.

A l’allure où vont les choses, la fin du duel entre David Massa Zogbélemou et Lambert Goikoya Zogbélemou n’est pas pour demain.

Affaire à suivre….

Jules Lamilé