Palais du peuple : «Un bien commun pour le souverain peuple de Guinée» (Mory Diabaté, administrateur général)

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Conakry-Guinée : Construit en 1967 sous le régime de la première République, grâce à la coopération sino-guinéenne, le Palais du peuple est un édifice public qui abrite l’Assemblée nationale et reçoit des grands événements et des rencontres à dimensions nationales et internationales. Situé à l’entrée de la presqu’île de Kaloum, le Palais du peuple est également l’un des plus grands bâtiments de la Guinée. Il est non seulement un héritage historique, mais aussi un bien commun pour le souverain peuple de Guinée. En dépit de tout ce qui précède, le Palais du Peuple se retrouve aujourd’hui dans un état de dégradation poussée malgré quelques rénovations que vient d’apporter le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara. C’est de cet édifice de plus d’un demi-siècle que nous parle son actuel administrateur général, M. Mory Diabaté.  

Parlant du budget de fonctionnement de ce patrimoine, son administrateur affirme que le Palais du Peuple de Guinée est aujourd’hui sans aucun budget lui permettant de mieux l’entretenir et de prendre soins des travailleurs. « Je n’ai pas de budget de fonctionnement, je me bats tant bien que mal à travers des recettes des spectacles, des événements, des concerts et des réunions qui se tiennent ici. Ce sont les recettes générées par ces différents événements qui nous permettent d’entretenir le Palais du Peuple et son personnel. Ça aussi, on divise le montant à part égale, 50% sont réservés à l’édifice ainsi qu’aux employés et les 50% autres sont versés au trésor public ».

A la question de savoir si l’administration du Palais bénéficie d’autres projets à part celui de la rénovation, Mory Diabaté répond sans ambages : « Il y a une offre qu’un opérateur économique guinéen du nom El Hadj Salou Riad est venu me proposer en vue de redorer l’image de l’enceinte du  Palais du Peuple. Il voulait construire un édifice derrière le monument du 22 Novembre. Parce qu’il faut rappeler que depuis sa construction, ce monument du 22 Novembre n’a bénéficié d’aucun entretien. A l’heure qu’il est,  je vous informe que les démarches sont très avancées. Il a déjà obtenu le financement à hauteur de 80%, d’ailleurs, on pourrait dire que les financements sont déjà clos. Cet édifice construit sera un lieu très pittoresque, un lieu de loisir. Il y aura un peu de tout là-dedans. Il viendra comme un rajout au bâtiment du Palais du Peuple. Une manière pour l’opérateur de contribuer au développement socio-économique du pays. Vous voyez aussi un chapiteau maintenant au Palais du Peuple. Il est provisoire, juste après l’investiture du Président parce que d’autres hôtes viendront manger ici après son investiture au Palais Mohamed V. Cet aménagement a été fait par Diallo Issa du Jardin 2 Octobre, en attendant l’exécution de notre projet ».

Parlant de son fonctionnement et sa structure, il faut noter que le Palais du Peuple est un lieu de retrouvailles entre le peuple à travers des ateliers, des spectacles, des conférences, des grandes cérémonies et autres. C’est ça la fonction du Palais du Peuple. Tandis que l’équipe administrative est composée d’un administrateur général, un SAF, le service de planification, le service de maintenance,  chef de service matériels, service chargé de l’électrification et du Froid, a-t-il expliqué l’administrateur général de cet édifice. « Pour ce qui est de sa rénovation, il faut souligner qu’elle est prévue en l’an 2021 et sera faite par la Chine. Mais bien avant cela, des grandes avancées ont été réalisées par le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, qui a remis à neuf les locaux et toutes les toilettes du Palais y compris les bureaux. Je lui tire chapeau. Ainsi, la rénovation qui reste à faire par la Chine ne sera pas grand-chose. Il s’agira de la grande salle des congrès, la salle du 28 septembre et le salon du président et refaire la peinture intérieure et extérieure, voir les installations des jets d’eaux qui sont vétustes. Nous avons déjà échangé avec les Chinois qui nous ont rassuré qu’ils viendront l’année prochaine pour refaire tout ça ».

Quant aux  procédures à suivre par un citoyen désirant organiser son événement dans l’enceinte du Palais du Peuple, M. Diabaté explique les règles à respecter. « Les procédures sont simples. L’intéressé écrit à l’administrateur que je suis. Je lui énumère les différents prix par salle. La salle des congrès par exemple est louée à 5 000 000 FG pour une durée de 3 heures. Un montant modique quand on sait que pour un opérateur culturel peut encaisser jusqu’à 100 millions de FG ou plus parce qu’il peut revendre un ticket à 300 000 FG ou 500 000 FG par personne ou par couple. Voyez-vous ce que ça fait comme argent et moi dans ma location, j’envoie 2 500 000 FG au trésor public et l’autre partie (2 500 000 FG), restent au sein de l’administration du Palais du Peuple. Si j’avais un crédit de fonctionnement, j’allais pouvoir faire beaucoup de choses au lieu d’attendre l’argent que le Palais fait rentrer comme gain. Parce que j’ai avec moi, des contractuels, des journaliers, les femmes qui balayent et nettoient la cour de l’édifice pour lesquels nous nous débrouillons pour les trouver quelques choses à la fin du mois ».

M. Mory Diabaté a donné en outre les raisons liées à certains reports des événements au sien du bâtiment. Selon lui, cela peut-être dû aux programmes prioritaires du gouvernement. « Ceci étant, si quelqu’un vient pour la location, on lui dit qu’en cas de force majeure, nous sommes obligés de décaler. Car, il peut arriver que l’Etat ait besoin du Palais pour ses activités, dans ce cas, nous serions obligés de reporter la cérémonie de l’intéressé à une date ultérieure ».

Pour terminer, Mory Diabaté sollicite auprès de la Présidence de la République de l’aider à avoir un crédit ou budget de fonctionnement. « Mon appel, c’est à l’endroit de la Présidence de la République à laquelle nous sommes rattachés et à laquelle nous demandons de nous aider à avoir un budget de fonctionnement. J’ai des travailleurs compétents et pleins de volonté. Ils sont là par amour du Palais qu’ils ont participé à la construction. On ne peut tout de même pas être dans un tel grand bâtiment de la République sans qu’on ait un budget permettant de bien prendre soins de l’édifice sur tous les plans et de son personnel », a martelé Mory Diabaté.

Il faut rappeler que c’est Ismaël Touré, frère du feu Président Ahmed Sékou Touré, qui a procédé à la pause de la première pierre de cet édifice dont la construction a pris 18 mois. Haut de 30 mètres, hauteur équivalant à celle du mât du drapeau et du monument du 22 Novembre. C’est seulement en 1970 que la clé fut remise au gouvernement guinéen.

Entretien réalisé par

Saraf Dine Condé