Cordonnerie : Un métier qui bat de l’aile

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Conakry-Guinée : La cordonnerie est une activité qui consiste à confectionner  des chaussures, les sacs et autres objets précieux destinés à la consommation ou à la commercialisation. M. Ibrahima Diallo, cordonnier à Almamyah dans la commune de Kaloum, nous parle de son activité. Dans cet entretien, ce soixantenaire expérimenté et pétri de talent a bien voulu nous révéler les astuces de ce vieux métier datant de l’antiquité.

Guineetime.info : Bonjour Monsieur, comment êtes-vous venu dans ce métier de cordonnerie ?

M. Ibrahima Diallo : Nous, nous sommes nés dans ce métier-là, nous l’avons hérité de nos parents qui ne sont plus de ce monde. Nous avons trouvé les parents qui exerçaient ce métier à Labé où je suis né et nous, nous ne connaissons pas une autre activité à part celle-ci.

Quels sont les outils que vous utilisez ?

Nous utilisons les instruments archaïques et peu de modernité, c’est-à-dire que tous nos matériels sont fabriqués par les forgerons tels que : le couteau, le fer, le ciseau, l’aigue, les peaux des animaux domestiques ou non domestiques comme par exemples : le bœuf, le mouton, le lion, le serpent etc. …  pour le vernissage.

Parlez-nous des avantages de ce métier ?

C’est grâce à ce métier qu’aujourd’hui je ne vole pas, je ne quémande pas, je nourris ma famille et je paye le loyer à temps. Si l’un des membres tombe malade, je l’envoie à l’hôpital pour les soins intensifs. En plus, depuis que nous exerçons ce métier, nous n’avons rencontré aucun problème avec la clientèle, car nous travaillons en fonction de la commande des clients et de nos moyens.

Avez-vous initié un de vos fils dans ce métier ?

Non ! Mes enfants sont à l’école parce qu’eux, ils veulent étudier et faire autre chose dans leur vie comme moi. Je n’ai pas eu cette chance d’être à l’école seulement, j’ai eu la chance de faire l’école coranique. Sauf que mes enfants eux sont libres d’exercer ce métier tôt ou tard. Et dans ce cas, je serais-là pour les aider.

Quels sont les difficultés que vous rencontrez ?

D’abord le manque de matériels de travail, la rareté de la clientèle, les difficultés pour l’écoulement de nos produits et tant d’autres.

Avez-vous une doléance à l’endroit de votre ministère de tutelle ?

Nous demandons au gouvernement guinéen avec à sa tête le chef de l’Etat, le Pr Alpha Condé, de nous venir en aide en créant des usines artisanales en faveur du monde ouvrier de toutes catégories socioprofessionnelles confondues. Par ailleurs, nous sollicitons l’appui des autorités compétentes pour le petit outillage moderne en vue de faciliter la main d’œuvre locale et faire la promotion de l’artisanat guinéen. Ce, en nous aidant à valoriser nos produits à travers un site bien indiqué autrement dit un endroit où les produits artisanaux guinéens pourraient concurrencer ceux des pays de la sous-région. C’est à ce seul prix que l’artisanat guinéen pourra redorer son blason des années 50.

Entretien réalisé

par Saraf Dine Condé