Bacheliers 2020 : Certains se plaignent de leur orientation

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Conakry-Guinée : Les admis au baccalauréat session 2019-2020 ont été confrontés à d’énormes difficultés pendant les orientations. Depuis 2015, le ministère en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a instauré un processus d’orientation numérique via la plate-forme dénommée GUPOL où les élèves admis à l’université doivent faire leurs choix sur les différentes filières.

Toutefois cette nouvelle stratégie n’est pas favorable pour certains. C’est le cas par exemple de M. Dominic Nikavogui qui a été orienté à l’université de Kandia. « Je suis très heureux d’être admis à l’université, mais il faut avouer que les orientations n’ont pas été aisées avec la perturbation de l’internet. J’ai eu de sérieux problèmes à accéder à la plate-forme, il m’a fallu plusieurs tentatives durant 72h avant de faire mes choix et ça aussi c’est parce que j’ai eu l’initiative d’utiliser le wifi. En plus de tout cela, j’ai été orienté en Chimie alors que je voulais faire la biologie. Puis voilà une autre situation qui se présente, on m’a envoyé dans une localité loin de ma famille où je ne connais presque personne. Mon plus grand souci aujourd’hui, c’est comment trouver les moyens pour subvenir à mes besoins durant mon cursus », s’inquiète-t-il.

Contrairement à notre premier interlocuteur, Aissatou Oury Bah est également orienté en Lettres modernes à l’université de Kindia et elle regarde le côté positif des choses. « Je m’en réjouis pleinement parce que j’ai mes parents là-bas et ils sont tombés sur mon second choix j’en suis ravie.  Mais j’aurais souhaité rester ici à Conakry vue que ma sœur est là, elle aurait pu m’aider encore mieux. Je suis un peu bouleversé qu’à même parce que j’ai appris à travers des gens que la vie estudiantine est tout autre surtout dans les régions », a-t-elle souligné.

Interrogé, Mamadou Baillo Diallo a lui aussi expliqué son calvaire avant d’interpeller le gouvernement à prendre des mesures adéquates afin de faciliter les orientations aux prochains candidats. « Le réseau était saturé. Parfois c’était impossible de se connecter, à chaque fois, on te dit erreur de connexion, on avait du mal à créer nos comptes et la procédure était très lente. D’ailleurs, je connais même un ami qui a payé  trois fois les 50 000 fg pour la première et deuxième fois, ils l’ont refoulé, c’est quand il a réessayé pour la troisième fois qu’ils ont confirmé sa paie. On pouvait passer toute une nuit éveillé seulement pour cela. Moi par exemple, c’est à 5h que j’y suis arrivé. J’invite donc l’État guinéen à penser aux jeunes, car il est très difficile pour ceux qui quittent ici pour aller à l’intérieur du pays d’y vivre s’ils ne sont pas habituer », a-t-il ajouté.

Aïssatou Alhassane Diallo