Grève des enseignants du supérieur : «C’est juste alerter le gouvernement» (Michel Pépé Balamou, SNE)

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Conakry-Guinée : L’inter syndicale de l’Éducation notamment le Syndicat National de l’Éducation (SNE) et le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNEASURS) sont passés à la vitesse supérieure ce vendredi 22 janvier en mettant en exécution leur mot d’ordre de grève.

Dix-sept instituts d’enseignement supérieur et les 33 centres de recherche du pays sont touchés par cette grève à en croire Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE que notre rédaction a joint.

A partir du lundi 25 jusqu’au 27 janvier, cette grève sera élargie aux écoles du pré-universitaire, dit-il, avant d’évoquer les raisons. « C’est le non-respect des engagements du gouvernement, l’inter centrale de l’éducation est partie prenante à la signature du protocole d’accord en date du mardi 26 janvier 2020 qui institue une prime d’incitation qui s’élève à 450 000 francs guinéens pour les enseignants de Conakry, 600 000 francs guinéens pour les enseignants des capitales régionales et 750 milles franc pour les enseignants des chefs-lieux de préfectures, 1 000 000 de francs guinéens pour les enseignants des chefs-lieux des sous-préfectures et 1 300 000 de francs guinéens par mois pour les enseignants des districts, quartiers et villages », révèle-t-il.

Ces primes ont été instituées à l’effet d’inciter les enseignants, à les motiver de quitter les bureaux ou les zones urbaines pour aller dans les zones rurales où il y a un manque criard d’enseignants. Mais malheureusement, il y a plusieurs mois qu’elles ne sont pas payées. « Mais depuis fin Aout, jusqu’en date, il y a quatre (4) mois d’arriérés d’impayé surtout à l’intérieur du pays et trois (3) à Conakry (…).  Le Ministre de l’Éducation nationale, Pr Amadou Bano Barry, a fait une sortie dans la presse pour dire que le mardi 19 janvier 2021 que les enseignants de l’intérieur du pays allaient commencer à bénéficier de deux (2) mois de primes d’incitation.  Et qu’au retour, ils allaient penser aux enseignants de Conakry pour un (1) mois. Chose qui n’avait pas été respectée », a déploré ce responsable syndical avant d’annoncer que plusieurs démarches de pressions dans le but d’amener le gouvernement à la raison ont été faites. Un mémorandum a même été déposé au niveau de l’inspecteur général du travail afin qu’un couloir de négociation soit ouvert à l’effet de discuter des différents points. « C’est à défaut qu’on est arrivé là aujourd’hui. C’est pourquoi, on n’a pas voulu aller à une grève illimitée. C’est juste alerter le gouvernement et si maintenant il fait la sourde oreille, nous serons tenus à user de tous les moyens légaux pour atteindre les objectifs visés à travers le déclenchement d’une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national et qui ne s’arrêtera que lorsque tous les points inscrits dans notre mémorandum seront vraiment satisfaits », a menacé Michel Pépé Balamou, Secrétaire Général du SNE.

Dans cette perspective, ces deux syndicats demandent aux parents de garder les enfants à la maison et aux enseignants de suivre le mot d’ordre de grève.

Moïse Rama Fils