CHAN 2021 : Didier Six au Cameroun pour observer les joueurs du Syli local

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Depuis quelques jours, le sélectionneur du Syli national A, Didier Six, est au Cameroun pour une mission d’examination et de supervision pour dénicher au sein de l’effectif des poulains de Kanfori Lappé Bangoura ceux qui seront les plus brillants pendant cette compétition qui prendra fin au 7 février prochain. Dans un entretien, l’entraineur du Syli national de Guinée est revenu sur les raisons de sa présence sur le sol camerounais.

Guineetime.info : Didier Six, vous avez fait le déplacement de la France au Cameroun, quels sont les motifs de votre présence ?

Didier Six : Non pas de la France, je suis un entraîneur qui habite dans le pays qu’il entraîne. Donc, j’ai fait le déplacement de Conakry, je réside à Conakry. C’est tout à fait logique en tant que sélectionneur des A que je soutienne les A’ ou les locaux dans cette compétition où ils ont bien démarré où il y a un gros travail fait par le coach Lappé Bangoura. Je suis content du premier résultat d’hier parce qu’une entame du tournoi doit se faire dans le positif.

Alors Didier Six, dites-nous votre présence au Cameroun, c’est pour un soutien moral où vous êtes là pour un projet ?

Il y a déjà le projet de voir les joueurs locaux pour l’équipe A parce qu’il y a tout de même une différence de jeu. Voilà pourquoi, je dis la préparation de Lappé a été très méticuleuse et cette préparation a donné un résultat satisfaisant. C’est positif pour moi de voir les joueurs que j’ai déjà pris et aussi d’autres qui seront susceptibles de rejoindre l’équipe nationale A.

Vous dites  être satisfait de ce premier résultat des locaux guinéens dès l’entame, pourtant le chemin est encore long. N’est-il pas trop tôt ?

Un match reste un match, donc ils ont pris du bon côté dès l’entame en gagnant 3-0. Cela permet de dire que le football guinéen a quelque chose de plus ces derniers mois par rapport à ce qui s’est passé. Mais moi, je ne suis pas là à voir ce qui s’est passée c’est comme Lappé qui a des objectifs. C’est d’aller plus loin dans ce Chan. Si je suis là, c’est pour rester un peu derrière l’équipe, mais je ne suis pas sur le banc, il y a des dispositions qui sont prises par rapport à tout cela. Quand même je suis heureux d’être là.

Quelle appréciation faites-vous de la prestation de Morlaye Sylla face à la formation namibienne ?

Mais Morlaye, je le connais bien parce qu’il est déjà venu avec nous, il a été sélectionné dans l’équipe nationale A, il joue déjà dans un bon club qui est le Horoya, qui participe chaque année aux différentes compétitions africaine. C’est un joueur qui pour la qualification d’une Can peut-être très intéressant parce qu’il a des qualités techniques. Dans ce tournoi, il doit donc montrer qu’il est le patron.

A part la poule D qui a connu plus de buts lors de la première journée de la compétition, pensez-vous que l’arrêt des championnats africains suite à la pandémie du COVID-19 est à la base du manque de but ?

Je ne pense pas qu’il ait ce genre de chose. Parce que les équipes ont prévu par rapport au Covid, elles ont fait le nécessaire par rapport à cette pandémie. Par contre une première journée a été toujours difficile où les scores sont très étriqués et âpres. Ça se lâche par exemple, le groupe les deux équipes mi-favorites eux, ils ont reçu chaque fois leurs courses de la première sortie. On sait déjà ce qui nous reste à faire.

Votre avis sur le match Guinée-Zambie. Ce ne sera pas une rencontre aussi facile à gagner comme la Guinée-Namibie ?

Oui ! La Zambie sera un adversaire très différent de la Namibie. Cela va se jouer beaucoup plus physique dans le match. Il y a l’avant-centre le 14 de la Zamibie qui joue bien. Surtout il faut noter que le championnat zambien a du mal à se relever aussi c’est comme la Tanzanie.

Didier, un petit mot sur les infrastructures sportives camerounaises, vous qui avez fait un peu le tour de l’Afrique ?

Je vie en Afrique, il y a trop longtemps, l’Afrique est devenu mon premier continent. Ma femme est africaine, mon enfant. Les infrastructures quand on regarde elles sont belles avec de styles à l’européen. Bravo et chapeau au Cameroun. Mais écoutez-moi j’ai constaté aujourd’hui pas qu’en Cameroun partout en Afrique, il y a un changement et encore que ce soit côté des entraîneurs africains, ils sont en montée, cela évoluent bien. Du côté des infrastructures sportives, pas que le Cameroun par exemple, à ce jour cela avance partout à grand pas. Ce ne sont pas que les stades si nous prénoms la Guinée, il y a les académies de centres de formations qui sont créées. L’ASFAD de mon président Antonio Souaré, de KPC Kerfala Personne Camara, de Titi Camara, cela permet d’avoir un panel beaucoup plus important parce ce qu’en Guinée partout dans les rues, on organise les matchs de football. Cela permet de recruter les meilleurs et les emmener dans ces académies qui finalement joueront des grandes compétions comme celle-ci plus rythmées et cela va permettre à la sélection nationale d’évoluer.

Vous n’étiez pas seul sur la liste pour le poste de sélectionneur. Comment le choix est porté sur vous ?

Il y a une audition qui a été faite avec beaucoup de candidats, j’ai passé mon audition ensuite j’ai été pris. Cela n’a pas été le cas pendant cinq fois où j’ai terminé deuxième voir troisième des autres précédentes auditions. Cela fait partir aussi d’avoir accepté des objectifs que m’a demandé la Fédération. Il y a plein de choses qui ont été positif dans mon audition.

Quel  effectif de joueurs avez-vous trouvé après le départ de Paul Put ?

Je ne vais pas rentrer dans tout cela, moi ce qui m’intéresse, c’est de savoir qu’il y a un effectif assez important. Parce que quand j’ai une liste de 23 joueurs à convoquer, je ne plonge pas mal d’air pour savoir qui est qui, qui faut quoi, qui peut jouer avec qui par rapport au 23 que je vais prendre.

Vous êtes engagé pour la CAN 2023 où en sommes-nous ?

Notre dernier match, on a fait match nul au Tchad et le Mali a gagné en Namibie. C’était très dur parce que les infrastructures ne répondaient pas aux normes internationales. Par contre, on se retrouve aujourd’hui avec quatre matchs sans n’avoir perdu aucun. Le mois de mars prochain, on reçoit le Mali. Aujourd’hui, nous avons huit point et le Mali a 10 point, derrière nous, la Namibie a trois points. C’est vrai qu’il y a toujours un espoir pour la Namibie, mais à nous de rayer cet espoir et de ne compter que sur nos forces et qualités.

Comment sont vos rapports avec le président de la Feguifoot, Antonio Souaré ?

C’est un monsieur qui a de lourdes gestions en dehors du football, il est le président de Horoya AC, le président de l’UFOA, c’est un grand passionné. Il suit de matchs hier quand regarde, il avait envie de voir son équipe gagnée. Il n’y a pas assez de présidents que j’ai connus comme ça, il est tout le temps présent.  Dans la structure, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, l’avoir est une chance.

Quelle sont les objectifs que vous a assignés la fédération guinéenne ?

D’abord cela fait plusieurs fois que la Guinée se limite en quart de finale de la CAN. Donc mon objectif, c’est de viser les demi-finales, c’est lourd mais c’est comme ça. On joue après il y a une qualification en Coupe du monde où  tout est possible malgré la présence du Maroc qui est leader, mais nous aussi nous pouvons être un outsider leader.

Vous avez fait le Togo, l’île Maurice, la Guinée, si on vous demandait de faire la différence entre ces trois passages, vous direz quoi ?

Le Togo n’avait jamais été en quart de final, nous devions normalement aller plus loin cette année-là, on avait à l’époque une équipe compétitive avec un grand fond de jeu, c’est ce que j’espère pouvoir ramener à la Guinée. Le joueur guinéen a des qualités extraordinaires un peu à la brésilienne, maintenant un peu plus de rigueur. Donc je vais tout mon expérience en tant qu’entraineur, mais malheureusement c’est cette pandémie qui est venue un peu couper peu le rythme du travail.

Vous avez jouez pour l’équipe de France et disputez plus de 50 matchs dans les années 70, est-ce que le travail d’entraîneur était aussi dans vos projets ?

J’ai joué pour la sélection française, j’étais avant-centre, mais je me préparais pour devenir entraineur quand j’ai fini mon carrière. J’ai été patron d’entreprise et à 50 ans, je me suis dit : j’ai un diplôme d’entraineur, si je ne le fais pas, je vais peut-être dans cinq ou 10 ans le regretter et je me suis lancé. Pour moi, je suis fait pour être entraineur et j’ai compris. Oui, ça marche malgré que la décision a tardé, mais c’est parti de là pour le métier d’entraineur.

Etes-vous satisfait de votre carrière d’entraineur et celle des autres ?

Pour moi, ce n’est pas à moi de le confirmer, mais je suis fier des parcours de beaucoup d’entraineurs comme Hervé Renard, Claude Leroy, mais aussi il faut penser aux entraineurs africains qui font de sacrés boulots.

Saraf-dine Condé