Littérature : «La fille de l’éléphant et de la lionne» et «Ne les laisse pas cotiser pour mon cercueil» deux œuvres de Fatoumata Sano

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Conakry-Guinée : Nostalgique de son éducation, des contes et de son affection parentale, Fatoumata Sano dessine dans ces deux romans, dédicacés le jeudi 21 janvier au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), une image particulière liée à son destin.  Du Sénégal à la Guinée, l’auteure décrit les histoires extraordinaires à la fois imaginaires et ordinaires. Parus aux éditions Harmattan-Guinée, ces ouvrages mettent en lumière le réel et l’irréel qui nécessitent de convertir son vécu à travers le temps d’où : «La fille de l’éléphant et de la lionne» et «Ne les laisse pas cotiser pour mon cercueil».

En présentant ces livres, l’auteure Fatoumata Sano a voyagé dans le temps pour mettre en parallèle l’enseignement d’hier et celui d’aujourd’hui, la diversité religieuse au sein de sa famille et son affection à l’égard de sa tante âgée de 88 ans.

Des contes illustrés pour voyager dans le temps avec des humains et des animaux qui se marient entre eux. Des anecdotes émouvantes entre la princesse Coumba N’dour et les animaux domestiques. De la tendresse au chagrin, la nièce (auteure) apprend la maladie de sa chère tante et revient à son chevet. Envahie par la tristesse, Fatoumata Sano réprime ses larmes et se retrouvaille par les souvenirs.

Très émue, l’auteure Fatoumata Sano a étalé les fondamentaux de ses deux productions littéraires. « Ne les laisse pas cotiser pour mon cercueil est un roman que j’ai écrit pour ma tante. Ce fut d’ailleurs mon premier roman, ma tante décède quand j’étais à Conakry et je suis allée à Dakar. J’espérais qu’elle s’en sortirait. Je suis restée plusieurs fois à penser à elle, je peux dire que ce livre est une sorte de thérapie, c’était vraiment pour me soigner que je l’ai écrit », a-t-elle rappelé.

Evoquant le second ouvrage «La fille de l’éléphant et de la lionne», l’écrivaine s’est inspirée des contes et des histoires que sa mère lui racontaient jadis afin de lui permettre de s’enraciner dans les tréfonds de la tradition casamançaise voire africaine. En d’autres termes, ce roman relate le sensationnel entre une mère et sa fille qui s’est très vite mariée à l’âge de 16 ans. Des thèmes qui donnent à réfléchir et qui font débat. Et des moments fabuleux vécus au sein de la sphère familiale (mère et tante).

En saluant l’originalité de l’auteure, l’ancien Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, président d’honneur de ladite cérémonie, souligne la prépondérance des contes pour les plus petits. «Vous nous avez appris beaucoup de choses, vous êtes originale par la présentation de vos œuvres. L’originalité permet à tout le monde de s’en accommoder, écouter, de vivre des instants agréables. Vous nous avez amené à nous replonger dans la tradition, dans notre histoire de notre tendre enfance (les contes). Lorsqu’on a écouté les contes quand on est enfant, quand on devient âgé, c’est notre tour de donner des contes. Mes petits-enfants me poussent à leurs raconter des contes, je suis souvent collé. Aujourd’hui, je crois que j’aurais de la matière avec ses ouvrages, dit-il. Vous apportez un grand signal parce que le conte joue un grand rôle dans l’éducation, dans le développement spirituel des jeunes enfants. Ce sont des sagesses que nous allons retenir en partant d’ici», rappelle Ahmed Tidiane Souaré.

Ces ouvrages de 58 pages (Ne les laisse pas cotiser pour mon cercueil) et 95 pages (La fille de l’éléphant et de la lionne) enseignent le rapport parental entre l’auteure et sa mère d’une part et de son affection avec sa tante,  d’autre part. Elle (auteure) met évidence également la déscolarisation précoce des jeunes qui les amène le plus souvent à la délinquance et à l’incarcération, reflet des réalités sociales africaines.

Amara Touré