TPI de Kankan : le procureur fait bilan de 2020

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Kankan-Guinée : Ce samedi 30 janvier, le Tribunal de première instance de Kankan a fait son bilan pour l’année 2020. C’est le procureur de la république, Me Aly TOURE, qui a livré à la presse le contenu de ce bilan annuel.

Selon le procureur, son service a enregistré 294 procès-verbaux venant des services de police et de la gendarmerie. Sur ces 294, ils en ont jugé 248, soit un taux de réponse pénale de 84, 35%. « Le Tribunal de première instance de Kankan couvre la préfecture de Kankan et ses environnants. Cette année, nous avons reçu des services de police et de gendarmerie 294 procès-verbaux qui sont repartis entre les crimes et les délits. Sur les 294 procès-verbaux, nous avons pu juger correctement et convenablement 248 dossiers. Ce qui nous envoie à un taux de réponse pénale qui avoisine 85%. L’année dernière, nous étions à un taux de réponse pénale de 63% », a souligné le procureur.

Contrairement à l’année précédente, le taux des affaires traitées pour l’année 2020 est grandement supérieur à celui de l’année 2019, soit 85% pour 2020 et 63% pour 2019. Pour Me Aly Touré, c’est un pas en avant pour le TPI de Kankan. « Pour nous, c’est une avancée parce qu’il faut tirer les leçons des années écoulées pour pouvoir se concentrer sur l’année qui est en cours. Elémentairement, si nous recevons par exemple 100 dossiers, nous avons pu juger 85 », a-t-il dit.

Il a ajouté qu’au cours de l’année dernière, le TPI de Kankan a enregistré un taux d’appel de 42%, contrairement à l’année où ils ont enregistré 58%. « Cette année, on a eu un taux d’appel qui envoisine les 42%, c’est-à-dire sur 100  dossiers jugés, 42 sont partis à la Cour d’appel. Par rapport à l’année dernière, on avait un taux d’appel de 58%, mais cette année on est à 42%. Cela veut dire que les citoyens commencent à accepter les décisions de la première instance », a-t-il laissé entendre.

En termes de difficultés, le TPI de Kankan relève la non-prise en charge des avocats pour assister les accusés lors des procès. « La difficulté que nous avons aujourd’hui, c’est la prise en charge des accusés qui n’ont pas d’avocat devant le tribunal criminel. Vous savez chez nous, il y a ce qu’on appelle le jugement criminel et le jugement correctionnel. Pour les jugements correctionnels, la loi dit que même s’il n’y a pas d’avocats, vous pouvez juger, mais le jugement criminel, il faut absolument des avocats et pour avoir un avocat, il faut le payer. Avant c’est le PNUD qui nous prenait cela en charge, mais le projet du PNUD est actuellement suspendu. Ce qui a fait qu’on a retardé sur le jugement des dossiers criminels. Sur 18 dossiers criminels qu’on a eus, on a pu juger que 8. On a 10 dossiers criminels qui n’ont pas été jugés par faute d’avocats. Quand on voit qu’on a un dossier criminel urgent nous-mêmes, nous cotisons. Moi qui suis le chef de parquet, souvent je prends l’argent de ma propre poche, je négocie les avocats, je leur donne de l’argent pour qu’ils puissent venir assister ces accusés pour qu’ils soient jugés », a rappelé le procureur de la république près le Tribunal de première instance de Kankan, Me Aly TOURE.

Sékou CAMARA