Invalidation du Congrès de l’AGEPI : la réaction des deux «présidents»

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Conakry-Guinée : Le Tribunal de première Instance de Kaloum a rendu une décision dans le bras de fer qui oppose Moussa Iboun Conté à Alpha Abdoulaye Diallo pour le contrôle de l’Association guinéenne des Éditeurs de la presse Indépendante (AGEPI). Le TPI de Kaloum a invalidé hier mardi 2 février, le Congrès organisé le 20 mars 2019 et qui a porté à la tête de l’AGEPI, Alpha Abdoulaye Diallo et André Gaston Camara. La justice a annulé l’Assemblée qui a été faite en « violation des statuts de l’association » et a intimé l’organisation d’un Congrès. Ce mercredi 3 Février, les deux (2) camps ont réagi suite à cette décision.

Le président actuel de l’AGEPI estime que le Congrès du 20 mars 2019 qui fait l’objet d’invalidation par le TPI de Kaloum avait été mis en cause par les membres statutaires eux-mêmes. Cette remise en cause a donnée suite à l’organisation d’un autre congrès organisé sous l’égide de la HAC le 19 novembre de la même année où il a été élu à l’unanimité par ses pairs. Pour lui, cette décision est nulle et sans effet. « Le premier congrès, nous l’avons tenu, c’est la police même qui avait encerclée le Musée national de Sandervaila à l’époque. Après nous-mêmes, nous avons remis en question notre propre élection en acceptant la main de la commission de médiation et on a organisé un autre congrès le 15 novembre 2019. Donc, cela veut dire que c’est le Congrès du 15 novembre qui est valide, qui est légal. Le Tribunal de Kaloum a statué sur le congrès du 20 mars 2019 », a-t-il expliqué. Alpha Abdoulaye Diallo se dit serein.

Évincé à la tête de l’AGEPI, Moussa Iboun Conté qui n’a jamais reconnu l’élection de son prédécesseur dit obtenir enfin gain de cause après sa plainte. Il dit avoir toujours clamé que le Congrès organisé le 20 mars 2019 invalidé par le tribunal est en violation des statuts de l’association. « J’avais confiance à ma démarche, confiance à la justice guinéenne parce que je me suis dit que nous sommes dans un État de droit. Rien ne peut se faire avec la violence s’il devrait se faire conformément à la loi. Donc, du fait que la justice a tranchée ainsi, je me dis que c’est le droit qui sort victorieux de cette situation », s’est réjoui M. Conté.

Il ne s’arrête pas là, il soutient que selon les textes de l’association, aucune disposition n’ordonnait la HAC de présider un congrès d’une association de presse. Alors que celle-ci avait été faite sous la mandature de Martine Condé, présidente d’alors de cette institution cela après plusieurs médiations. « Tout a été annulé et puis on (Tribunal) a dit de reprendre le processus. Et je vous dis, allez-y chercher le document de la Haute Autorité de la Communication (HAC), vous ne verrez aucune disposition sur la question, ni l’ancienne loi, ni sur la nouvelle. Aucune disposition, vous verrez dans ces lois qu’aucune prérogative n’est donnée à la HAC d’organiser ou de tenir les congrès d’une association de media. Il n’y en a pas », insiste-t-il.

Poursuivant ses explications, Moussa Iboun Conté souligne que la seule disposition qui lie la HAC aux associations de presse, c’est la répartition de la subvention et la distribution des cartes professionnelles. Et quand on lui pose la question, s’il sera candidat au cas où ce nouveau le congrès, Il répond par le négatif. « Les neuf (9) membres du bureau sortant, personne ne sera candidat, cela va être un nouveau bureau et je ne suis pas candidat », a conclu Moussa Iboun Conté.

Moïse Rama Fils