Ponctualité des fonctionnaires : la décision a un prix

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Conakry-Guinée : Dans un communiqué rendu public à la télévision nationale ce  dimanche 31 janvier, le ministre de la Fonction publique a intimé aux fonctionnaires de l’État le respect des horaires de travail.

Une décision que  bon nombre de travailleurs trouvent salutaire. Interrogé, M. Abdoul Bah, Chef de division des ressources humaines  du ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire apprécie cette initiative. « L’administration est au service du citoyen, donc on ne peut rendre service aux citoyens que quand l’administration s’acquitte de ses obligations. Nous accueillons ce communiqué avec beaucoup d’enthousiasme puisse que cela y va de l’intérêt de tout le monde. C’est d’ailleurs un rappel pour nous parce que à chaque fois, nous faisons des lettres circulaires pour expliquer, rappeler aux fonctionnaires leurs devoirs. C’est une des obligations des fonctionnaires de venir à l’heure et de quitter à l’heure », a-t-il insisté.

Mme Djenaba Fofana, secrétaire générale adjointe au bureau syndical de ce même ministère, salue également la décision, mais toutefois, elle relève quelques difficultés que les fonctionnaires rencontrent. « Nos travailleurs d’ici logent très loin. Parmi nous ici au département, il y a des gens qui habitent jusqu’à Dubréka, Coyah, mais ils s’arrangent à venir travailler. Comme vous le savez, il y a d’énormes difficultés liées aux embouteillages et au manque de moyens de déplacement. D’autres départements ont des bus, mais chez nous on n’en a pas. Cela fait 15 mois jour pour jour qu’on n’a aucun bus au compte du département. Le seul qui existait est en arrêt et jusqu’à présent nous n’avons pas eu d’autres. On a fait des écrits, on a eu des promesses qui n’ont pas abouti. Donc, si cette décision arrive, nous serons contents parce que les chefs vont chercher à nous mettre dans les conditions pour qu’on puisse être là à l’heure. Parce que quand on a les bus, les travailleurs seront obligés d’accepter et être à pointe », dit- elle.

Même sonne de cloche au ministère des Travaux publiques. Dans ce département également, aucun moyen de déplacement n’est mis à la disposition des travailleurs nous confie le coordinateur de la section syndicale. Poursuivant, M. Karim Bangoura a tout d’abord exprimé ses sentiments avant de dénoncer les problèmes liés aux conditions de travail. « C’est avant hier que nous avons suivi avec intérêt l’allocution du président de la République et sur le coup le ministre a enchaîné en nous disant d’être au boulot à 8h et de quitter à 16h 30minutes. C’est une belle chose puisque nous les syndicats, nous sommes pour le travail, les travailleurs. Tout qui va dans la bonne marche du travail, on est pour. En ce qui concerne les travaux publics, nous avons des problèmes, il y a un manque de véhicules et beaucoup logent en haute banlieue, c’est à dire dans le grand Conakry, notamment Dubréka, Coyah. Vous n’êtes pas sans savoir que les bouchons commencent dès 6h, imaginez-vous Coyah-Conakry à ce sujet, nous avons des problèmes. Et notre ministère spécialement n’a pas de bus, chose qu’on a signalée lors de la passation de service de Madame la ministre entrante. Il faut dire que la ponctualité dépend vraiment de la facilité des conditions de travail »,  rétorque M.  Bangoura.

Du côté du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, les conditions sont plus ou moins favorables, explique M. Fonfo Mady Camara, membre de la section syndicale. « Je ne peux que saluer la décision du ministre parce que ce n’est pas quelque chose de nouveau. C’est déjà prévu dans les statuts qui résultent dans le fonctionnement de la fonction publique. Seulement les gens ne respectaient pas cela. Certes, nous avons des difficultés par rapport aux déplacements, mais nous avons un bus, c’est un nouveau bus même que le ministre Bouréma Condé vient de mettre à notre disposition. Cela ne fait même pas encore une année. Sauf que le seul bus ne peut pas couvrir l’attente de  tous les travailleurs. Pour preuve, ce bus ne parcours qu’un seul tronçon et c’est sur l’autoroute. Alors qu’ils y a certains qui sont vers la route Leprince et autres. Nous la section syndicale, notre souhait est qu’ils augmentent le nombre de bus pour faciliter la mobilité du personnel.

Ces fonctionnaires de l’État se réjouissent tous de la décision prise par le ministère de la Fonction publique. Cependant, ils lancent un cri de cœur et exhorte le Chef de l’État d’améliorer leurs conditions de travail.

Aïssatou Alhassane Diallo