La tuberculose : une maladie à multiples facettes

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Conakry-Guinée : Connue pour son effet nocif, la tuberculose est une maladie très contagieuse. Jadis méconnue par le grand public guinéen dans les années 60 et 70, avec une forte mortalité, la tuberculose a causé considérablement beaucoup d’handicaps auprès des populations vulnérables.

Du paludisme au coronavirus en passant par le choléra, le diabète, la drépanocytose, la gastrique, l’Ebola, la tuberculose également enfonce le clou de la situation sanitaire des patients guinéens. Elle inquiète les couches plus en plus vulnérables.

La tuberculose est perçue comme étant une maladie infectieuse provoquée par une mycobactérie qui se transmet par voie aérienne aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Elle touche le plus souvent les poumons, mais atteint aussi parfois d’autres organes et peut causer la mort du patient si elle n’est pas bien traitée.

La tuberculose est provoquée par une bactérie (Mycobacterium tuberculosis) qui touche le plus souvent les poumons. Elle peut être soignée et évitée. La maladie se propage d’une personne à l’autre par voie aérienne. Lorsque les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, elles projettent les germes de la tuberculose dans l’air. Il suffit d’en inhaler seulement quelques-uns pour être infecté.

Selon les spécialistes, près d’un tiers de la population mondiale est actuellement atteint de tuberculose latente, ce qui signifie que les personnes ont été infectées par la bactérie de la tuberculose, mais n’ont pas encore développé la maladie et ne peuvent donc pas la transmettre.

Chez les personnes infectées par le bacille tuberculeux, le risque de développer la maladie au cours de l’existence est de 10%. Toutefois, les personnes dont le système immunitaire est affaibli, telles que les personnes vivant avec le VIH, les personnes souffrant de malnutrition ou de diabète ou encore les fumeurs courent un risque beaucoup plus élevé de développer la maladie.

Lorsqu’une personne développe une tuberculose active, les symptômes (toux, fièvres, sueurs nocturnes, pertes de poids, etc.) peuvent rester modérés pendant de nombreux mois. Cela peut inciter le malade à repousser le moment de consulter et se traduire par  la transmission de la bactérie à d’autres personnes. Les personnes atteintes de tuberculose évolutive peuvent infecter jusqu’à 10 à 15 autres personnes avec lesquelles elles sont en contact étroit en l’espace d’une année. Sans un traitement approprié, jusqu’à deux tiers des personnes atteintes de tuberculose en mourront.

Depuis 2000, on estime que 49 millions de vies ont été sauvées grâce au diagnostic et à un traitement efficace. Le traitement de la tuberculose évolutive sensible aux médicaments consiste en un schéma thérapeutique standard de six mois associant quatre antimicrobiens qui sont fournis aux patients sous la supervision d’un agent de santé ou d’un bénévole qualifié qui apportera information et soutien. La grande majorité des cas de tuberculose peuvent être guéris à condition que les médicaments soient fournis et pris correctement.

La tuberculose tue près de 1,8 millions de personnes chaque année dans le monde. La synergie avec la pandémie du Sida et l’émergence de bacilles multi résistants aux antibiotiques et aux agents chémothérapeutiques contribuent à  aggraver l’impact de cette maladie, considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme responsable d’une épidémie mondiale plus vaste que préalablement estimée.

La tuberculose est d’ailleurs la cause principale des décès des malades du Sida, elle est responsable de la mort d’un tiers des malades du Sida dans le monde et de 40% de la mortalité des malades du Sida en Afrique. Dans les années 40, aucun médicament ne permettait de soigner la tuberculose. Un traitement incomplet ou mal suivi est responsable de l’apparition de tuberculoses résistantes.

Amara Touré