Dépigmentation: le phénomène persiste

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Conakry-Guinée : De nombreuses personnes font actuellement la dépigmentation volontaire pour éclaircir le teint naturel de leur peau, sans tenir compte des conséquences sanitaires qui en découlent. En effet, la dépigmentation artificielle touche une bonne partie de la population guinéenne, majoritairement chez les jeunes filles, les femmes et certains hommes ne sont également pas en marge de cet état de fait.

Cette pratique repose sur l’usage des produits cosmétiques qu’on utilise pour avoir une peau claire. L’origine de cette dépigmentation artificielle a plusieurs raisons à savoir la séduction y compris l’influence de l’entourage, ce sont les principaux critères qui poussent les femmes à se blanchir la peau ignorant le danger de ce phénomène.

Interrogé sur le sujet, Dr Moussa Kaba, dermatologue au CHU Donka, a expliqué les conséquences néfastes de cette pratique. « La dépigmentation a des complications sanitaires tels que le cancer de la peau, des boutons au visage, des pathologies cardiaques ou encore le diabète. La dépigmentation a des conséquences très graves parce que les produits utilisés pour éclaircir la peau qui contiennent des substances très dangereuses ».

Kadiatou Sow, victime de ce phénomène,  témoigne : « J’avais une belle peau noire,  l’idée que le teint métissé ou blanc était plus séduisant et l’impression que je serais mieux considérée socialement avec un teint plus clair, était l’une des causes qui m’ont poussé à me dépigmenter », dit-elle avant d’ajouter : « Ce comportement a été un échec total pour moi. Aujourd’hui, j’ai un teint non regardable, mon visage tâché par des boutons, mes mains et mes pieds sont irregardables. Donc, j’ai vraiment le regret de m’avoir dépigmentée la peau. Je demande à toutes les personnes qui se dépigmentent d’abandonner cette pratique. Car, la dépigmentation n’a pas d’importances sinon que des regrets et des complications sanitaires graves. C’est pourquoi, je lance un appel à l’endroit de la nouvelle génération, d’être fier de leur peau ».

Toutefois, cette pratique est d’autant plus convoitée aujourd’hui qu’hier provoquant systématiquement des séquelles à la fois physiques et sanitaires. Il s’avère aussi qu’elle constitue largement la cause de la fragilité de la peau d’un plus grand nombre de jeunes filles de Conakry, greffée couramment par son cortège de puanteur.

Amara Touré