Fête de la Saint-Valentin : une célébration par mimétisme culturel !

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Conakry-Guinée : Depuis des décennies, le 14 février de chaque année est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses-rouges qui sont l’emblème de la passion.

Historique

D’après Wikipédia, le 14 février (a.d. XVI Kalendas Martias) correspond, dans la religion romaine, aux Lupercales, fêtes faunesques se déroulant du 13 au 15 février.

L’origine réelle de cette fête est attestée au XIVème siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s’est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente.

On retrouve ce même rapprochement de la Saint-Valentin avec les amoureux dans les poèmes d’Othon de Grandson, vivant en Angleterre, de Chaucer et de son contemporain Charles d’Orléans (1394-1465) alors retenu captif en Angleterre qui fait souvent allusion à la Saint-Valentin, jour où les amoureux se choisissaient leur partenaire ou renouvelaient leur serment. Selon le comte d’Argenson, Charles d’Orléans aurait choisi ce saint comme patron des amoureux en souvenir de la « cour d’Amour » que tenait chez elle sa mère Valentine Visconti, mais peut-être, résidant alors en Angleterre, n’a-t-il fait que reprendre les mêmes sources folkloriques que Chaucer ?

Valentin de Terni fêté le 14 février est désigné par l’Église catholique comme saint patron des amoureux avec le pape Alexandre VI qui lui donne le titre de « patron des amoureux » en 1496, ce qui n’empêche pas l’Église de combattre la tradition du valentinage.

Les documents sont assez abondants jusque vers le milieu du XIXème siècle pour permettre de constater l’extension de la coutume dans l’aristocratie européenne puis sa diffusion dans le milieu populaire au XVIIIème siècle, ce qui explique que la Vie des Saints d’Adrien Baillet en 1704, ne mentionne pas encore, dans la rubrique consacrée à Saint-Valentin, le fait qu’il serait le patron des amoureux. Cette coutume ne se déroule pas toujours le 14 février. Au cours de la semaine des valentines, ces dernières reçoivent une lettre de leur valentin qui se propose de les accompagner le jour de la fête des brandons.

La Saint-Valentin comme fête commerciale se développe aux États-Unis au milieu du XIXème siècle, avec la vente de cartes qui rappellent les petits billets que s’échangeaient le Valentin et sa Valentine.

La Saint-Valentin est devenue une fête laïque au XXème siècle. Plusieurs saints différents des premiers temps du christianisme, nommés Valentin, sont en effet l’objet de vitae hagiographiques légendaires. Cette confusion des origines explique que la fête religieuse de Saint Valentin a été rayée du calendrier liturgique romain en 1969 par le pape Paul VI, mais a été conservée dans les calendriers régionaux.

Au XXème et XXIème siècle, la Saint-Valentin reste une fête commerciale pour certains, une occasion de célébrer l’amour pour d’autres.

L’origine réelle de cette fête est attestée au XIV siècle dans la Grande-Bretagne où la Saint Valentin du 14 février est fêté comme une fête des amoureux. La Saint Valentin était une des fêtes catholiques, elle est devenue une fête laïque au XX siècle.

Qui doit la fêter ?

De nos jours, les couples mariés tout comme les couples non mariés célèbrent cette journée.

Pour savoir qui doit fêter la Saint Valentin, nous avons tendus notre micro à M. Mahmoud Abdallah Bah, 3ème Imam de la mosquée de Tobolon, située à Kagbélen, dans la commune urbaine de Dubréka. Selon cet imam, il est interdit à tout musulman de célébrer ce jour. « La Saint Valentin n’est pas une fête pour les fidèles musulmans. Le prophète Mohamed PSL a dit que toute personne qui imite son prochain doit le faire dans le bon sens, car si tu suis ton prochain sur le mauvais chemin, vous serez tous châtier de la même manière. Et si le musulman adopte des pratiques qui ne le sont pas recommandées, il aurait violé les principes de la religion. Dans notre religion, nous avons officiellement deux fête, la fête de ramadan et celle de  tabaski », a précisé l’imam avant d’appeler les fidèles musulmans à apprendre le contenu du Coran et chercher à en savoir largement sur la Souna du prophète afin d’être situé sur ceux dont la religion lui recommande. Il lance donc un message aux jeunes qui, selon lui, s’aventurent le plus souvent dans cette pratique.

A l’allure où la célébration de la Saint Valentin prend de l’ampleur, on peut dire que c’est un véritable mimétisme culturel.

Aissatou Alhassane Diallo