Déguerpissement à Conakry : «Quand un pouvoir manque de vision, voilà ce que ça donne» (Honorable Fodé Mohamed Soumah, GECI)

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Conakry-Guinée : Les opérations de déguerpissement des emprises continuent dans la capitale guinéenne. Le ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire et le Gouvernorat de la ville de Conakry entendent rendre à travers cette opération la ville belle. Sauf qu’elle exacerbe la colère de certains citoyens.

Plusieurs familles se retrouvent à la belle étoile et plusieurs jeunes également se retrouvent aux chômages après la démolition de leurs boutiques et magasins.

Ce samedi 20 février, le 4ème vice-président de l’Assemblée Nationale s’est prononcé sur cette opération. Pour l’honorable Fodé Mohamed Soumah, par ailleurs Président du Parti Génération Citoyenne (GeCi), l’Etat a manqué d’anticipation de cette procédure. Il trouve dramatique la manière dont se déroulent les opérations de déguerpissement des voiries publiques. Il dit que cela rappelle une triste page de l’histoire du pays. «  C’est dramatique et  cela nous ramène à ce qui s’était passé à Kaporo-rail, à Dar es Salam ou un peu partout, ça continu. Cet Etat n’a pas retenu la leçon parce que vous pouvez vous tromper une fois ou faire des erreurs une fois, mais pas tout le temps », dit-il.

Outre le délogement des citoyens de leurs habitations, le député dénonce la mise aux chômages de milliers de jeunes à travers la ville. « Aujourd’hui, ce qui me chagrine, ce que ces sont des dizaines de milliers d’emplois que la Guinée perd. Ce sont des milliards de francs guinéens que notre fiscalité perd parce que tout simplement, on n’a pas pensé à normaliser le secteur informel. Donc, je pense sincèrement que quand un pouvoir manque de vision, voilà ce que ça donne. Sinon qui ne serait pas contre l’occupation anarchique des terrains de l’Etat ? Qui ne serait pas pour que des personnes qui le font tout le temps soient sanctionnées ? », a-t-il lâché.

Avant de procéder à cette opération de déguerpissement des emprises, l’honorable Fodé Mohamed Soumah pense que l’Etat aurait dû prévoir autre chose pour rectifier le tir. « Pour certifier le tir, il aurait fallu déplacer ces gens-là. Quand l’Etat se trompe, il doit le réparer. C’est bien l’Etat qui s’était tromper, c’est l’Etat qui a laissé faire », a insisté le leader de la GECI.

Le porte-parole du cabinet de chef de file de l’opposition est désolé du manque d’anticipation de l’Etat dans cette opération de déguerpissement.

Moïse Rama Fils