Société : l’excision, un sujet à controverse !

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Conakry-Guinée: Pratiquée depuis l’âge des temps, l’excision varie d’une contrée à une autre. Sur le plan de la santé, les médecins ne trouvent pas d’utilité à cette pratique et les nombreuses associations de par le monde, élèvent la voix pour lutter contre l’excision. Cependant, l’islam lui, la tolère et la règlemente. En levant un coin du voile sur ce tabou, c’est toute une foule d’opinions que l’on recueille.

Chaque année et cela depuis des décennies, de petites filles inconscientes subissent par la force des pratiques traditionnelles, la dure épreuve des mutilations sexuelles, au nom de la tradition ou de la religion.

L’excision encore l’appelée clitoridectonnie consiste à enlever totalement ou en partie, certains organes génitaux de la femme. Les interventions sont pratiquées par des exciseuses traditionnelles et parfois par des sages-femmes avec le risque de complications redoutables.

Mais pourquoi l’excision ? Les explications varies selon les sociétés, mais la justification est la même à savoir l’éducation de la jeune fille à la vie familiale. D’ailleurs, les motifs invoqués, par les sociétés qui ont pratiqué et qui continuent de pratiquer l’excision, sont multiples.

Raisons d’ordre anatomique et esthétique : la préservation de la chasteté et de la virginité des jeunes filles, c’est-à-dire mettre la jeune fille à l’abri de l’instabilité et du débordement sexuel.

Raison religieuse : nécessite d’une intégration de la jeune fille, la jalousie maladive de certains maris ou époux.

Il y a même des raisons lucratives selon le document «Famille et Développement » qui affirme qu’en Europe et en Amérique du Nord des mutilations sont réalisées avec des techniques modernes pour satisfaire la clientèle aisée pour laquelle l’excision a une place importante. Par exemple, cette mère qui dit à sa fille : « Ma chère fille, l’essentiel pour l’homme, c’est d’avoir pour son coucher nuptial une femme pure  parce que excisée ».

Pour nombre de religieux, dans la vie sociale et culturelle, l’islam a prouvé pas mal de choses. Il en a regretté, il en a gardé et il en a arrangé. Parmi ces problèmes, nous avons l’excision.

Pour les hommes, c’est le Sunna qu’il a attribué à Abraham « Sunna d’Abraham ». Pour les femmes, l’islam n’a pas rejeté l’excision. Les textes ont été trouvés, le prophète (PSL) a fait connaissance avec la femme qui s’occupait de cette opération à Médine. Il l’a convoqué pour lui dire d’alléger le Sunna chez les filles. En clair, l’Islam n’a jamais interdit l’excision, mais il l’a règlementé. Ceci dit que, c’est une forme de respect et d’honneur pour l’homme.

Par ailleurs, il a été constaté que les gens qui sont restés naturels ont une sensibilité démesurée. C’est à voir si elles ne sont pas dans les rues, pas seulement pour l’argent, mais aussi pour satisfaire ce besoin de rapport sexuel dont elles ne peuvent plus se passer.

Ce qu’il faut aussi reconnaitre avec tous ces arguments, non vérifiés, dans les milieux médicaux, c’est que ces pratiques ont de lourdes conséquences : tétanos, hémorragies, infections urinaires, troubles psychiques, difficultés à l’accouchement, sans compter les risques de contamination par les maladies sexuellement transmissibles, le SIDA quand on sait que ce rituel se fait sans anesthésie ni stérilisation. Les médecins disent aussi que ces pratiques surviendront longtemps dans des pays où le taux d’analphabétisme est aux environs  de 80% des femmes.

 Dans la plupart des régions où l’excision est pratiquée, elle marque le passage de l’âge de l’adolescence à celui de l’adulte. Elle s’intègre dans un rituel dont il faut rappeler ici les grandes lignes.

De nos jours, dans les centres urbains, les excisées sont de plus en plus jeunes, la cérémonie perd de son contenu initiatique pour ne revêtir que le caractère de mal nécessaire, recommandé par la tradition. Même s’il n’existe pas de statistiques fiables pour démonter l’ampleur du phénomène, les filles et femmes sont encore très nombreuses à subir l’excision en Guinée.

Signalons qu’il y a longtemps, la Cellule de coordination sur les pratiques traditionnelles affectant la femme et l’enfant (CPTAFE), avec l’appui du Comité interafricain et l’UNICEF, a engagé une lettre pour l’éradication des mutations sexuelles encore courantes dans toutes les régions de la Guinée. La CEPETAFE s’était fixée des objectifs de réhabiliter certaines pratiques jadis très bénéfiques pour nos sociétés. C’est le cas de l’espacement des naissances, l’allaitement maternel encore pratique dans nos villages et malheureusement l’influence menace de faire disparaitre.

Amara Touré