Habitat :l’idée Eco-village au tour des forets classés en Guinée gagne du terrain

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Conakry, Guinée : A l’image du Rwanda, certains spécialistes de la protection de l’environnement ne cessent de suggérer depuis quelque temps, la création des écovillages autour des forets classées guinéennes en vue de la conservation des différents massifs.


Déjà, le secrétaire général du ministère guinéen de l’environnement, des Eaux et forets a annoncé lors d’une rencontre à Lola l’existence de certaines sources de financement devant permettre d’atteindre les objectifs que se fixe le plan de création de ces infrastructures du futur.


Selon Seydou Bari Sidibé, pour mieux réussir la politique du développement sectoriel du gouvernement, il est temps de redoubler d’effort en vue de réussir la mondialisation des moyens techniques et financiers pour l’obtention des résultats satisfaisants sur le terrain des opérations.

L’initiative de création des écovillages autour des forets classées faciliterait la cohabitation pacifique entre les communautés riveraines pour une gestion durable des ressources naturelles mais aussi la protection de la biodiversité.


Ce type d’habitat offrirait à coût sûr des emplois au bras valides des proximités dans la valorisation des cultures pérennes qui se développent en état sauvage à l’intérieur de ces forets.
L’édification des écovillages ambitionnés par les conservateurs des réserves permettrait de mener des actions de développement en faveur des populations locales grâce à l’appui de la jeunesse riveraine aux agents du corps des conservateurs de la nature évoluant dans les différentes zones écologiques.

La dégradation des forêts détériore la qualité de la vie et réduit la possibilité de développement
A travers les quatre régions naturelles, la Guinée possède un patrimoine de diversité biologique riche et varié qui est aujourd’hui de l’exploitation des ressources, la pression démographique, la persistance de la sécheresse et la réduction des précipitations. Ce phénomène est plus préoccupant quand on sait qu’hier, notre pays était bien couvert de forêts denses humides dans toute sa partie Sud-Est, des forêts sèches dans sa moitié nord et de forêts denses mésophiles de Boké à Mamou en passant par Kindia.
De nos jours, la situation est toute autre car, les forêts disparaissent à un rythme effrayant suite à une exploitation anarchique et incontrôlée, laissant ainsi place à la savane qui couvre déjà 68% (2004) du territoire national.


La farine aussi disparait au rythme de la forêt, agressé, fraquée de toute par les chasseurs, les feux de brousse, l’agriculture itinérante, l’élevage exclusif. L’appauvrissement et le dépérissement de ces forêts ont pour conséquence l’érosion des sols, la dégradation des bassins hydrographiques, la détérioration de la qualité de la vie, la perte inestimable de la faune et de la flore et la réduction de la possibilité de développement.
Faut-il noter qu’avant l’indépendance, beaucoup de forêts et de massifs forestiers ont fait l’objet d’un acte officiel de classement qui les soustraits de certains usages comme les défrichements pour les besoins agricoles. Le classement de ces forêts a débuté depuis 1936 ; et malgré des dispositions mises en place, ces forêts ne sont pas épargnées par les temps qui courent.


Une situation très remarquable autour des grands centres ou des agressions se font tous les jours sur les forêts périurbaines ; et en milieu rural, les forêts classées sont victimes de nombreuses incursions.
En fait, depuis la période coloniale, il n’y a eu d’opérations de rematérialisation des limites des forêts classées. Ce qui explique qu’au stade actuel, l’on n’a pas une idée précise sur ce qui reste de l’ensemble du domaine forestier de l’Etat. Ces écosystèmes ont de grandes valeurs du point de vue écologique, médicinal, scientifique, esthétique et éducatif. Ils sont un habitat pour la diversité biologique et en raison du fait que les types de forêts, les terres forestières et les surfaces boisées, assurent de nombreuses fonctions pour l’équilibre des systèmes vitaux. Ce patrimoine de diversité biologique, unique en Afrique de l’Ouest notamment dans ses reliques de forêts denses humides qui constituent l’extrémité Nord occidentale de la grande forêt tropicale guinéo-congolaise en donc en sursis.
6926 espèces de faune et flore classées en 5 règnes.
D’après les études menées par les experts nationaux et étrangers, les écologistes considèrent que les grandes forêts de Ziama et de Diécké en Guinée Forestière, se situent respectivement au 4ème et 7ème rang des 12 sites majeurs pour la conservation de la biodiversité de l’Afrique de l’Ouest. La collecte documentaire a permis d’inventorier 6926 espèces de faune et flore classées en 5 règnes.
En Guinée, on trouve presque toute la gamme de biomes, propres à la zone subtropicale. Et l’on a dénombré 3077 espèces végétales et 3273 espèces animales, reparties dans les différents écosystèmes.
Au niveau des écosystèmes côtiers et marins essentiellement composés d’algues et d’angiospermes, la mangrove, un biotope très spécifique le long du littoral guinéen. Dans cette mangrove, le taxon le plus représenté reste des Rhizophora communément appelés palétuviers renfermant quatre familles et 7 espèces.
Sur 300 km de côté, la mangrove occupe toute la frange côtière et supporte les activités économiques, nombreuses et diversifiées. Elle couvre 250000 hectares avec des vasières exondées en marée très importante pour les oiseaux des rivages et les migrateurs.
Malgré son rôle économique, de vastes périmètres de ces forêts de mangrove sont détruit directement ou indirectement à la recherche du bénéfices durables qui referment à la fois des valeurs économiques et des valeurs naturelles.
Force est de noter que parmi les pressions humaines sur ces écosystèmes marins, la pollution reste préoccupante que jamais sur le plateau continental.
Un cadre de vie polluant
Il convient de souligner qu’au niveau des grandes villes, l’environnement est sérieusement menacé. Le long des côtés, les déchets d’origine telluriques (domestiques et industriels) et maritimes provenant des marins et d’aréoles, posent de sérieux problèmes à la santé humaine.
En plus, les eaux usées des villes côtières, sont presque toutes déversées en mer par des canaux d’égouts et par le drainage naturel sans traitement.

A Conakry par exemple, c’est des milliers de mètres cubes d’ordures qui sont produits par jour ; le ramassage pose également problème ; sans compter que presque tout se retourner sur le littoral. Il s’agit de substances chimiques nocives pour certains organismes s’acculant dans la chaine alimentaire et influençant négativement la capacité reproductive de la zoo plantation ou la faune aquatique qui, du reste, est aussi menacée de disparition par endroits. Il y a lieu de signaler aussi la croissance démographique, l’exode rural et l’urbanisation anarchique, gérèrent une pression pour les infrastructures qui deviennent insuffisantes. Le problème des ordures ménagères et celui des pollutions, affectent l’état de santé des populations réduisant ainsi, l’espérance de vie.
Et des efforts entrepris jusque-là, demeurent limités dans la gestion de l’environnement à cause de nombreux facteurs dont une réglementation incomplète et inappliquée ainsi que de la dispersion des services.

Cependant, les programmes sectoriels, évoluent en vase clos et ne sont pas cordonnés encore moins intégrés. Ce qui mit à la bonne gestion, à la conservation et à l’exploitation durable des ressources forestières. Les données les plus élémentaires sur les superficies et les caractéristiques des forêts, le potentiel existant et le volume de la récolte font défaut. Les structures et nécessaires actuels ne peuvent exécuter ces tâches.


Il est donc un jour de remédier à cette situation pour faire mieux comprendre le rôle et l’importance de la forêt et d’établir les plans réalistes en vue d’assurer efficacement la conservation et le développement durable.
Plusieurs institutions sont impliquées dans la gestion des ressources naturelles. Mais toutes, sont besoin d’un appui pour le renforcement leurs capacités humaines, matérielles et financières. Leurs équipements sont dans la majorité des cas trop vétustes et trop insuffisants. Or, la faiblesse des moyens ne favorise pas la création et la gestion de bases de données qui pourraient favoriser l’accès à l’information pour tous les utilisateurs.
Aussi, les services se trouvant dans l’incapacité de s’acquitter les tâches qui leurs sont dévolues, faute de budgets de fonctionnement.
Et compte tenu de l’ampleur et de la complexité des tâches, à accomplir les effectifs actuels des services chargés de l’environnement en général et de la gestion des ressources biologiques en particulier, sont nettement insuffisants et manquent de qualification. Et sur le plan de la qualification, le besoin est encore plus pressant. Il ne sert à rien d’apprécier la beauté ou la diversité de nos ressources naturelles si nous ne nous attelons pas à leur sauvegarde et à leur conservation durable.