Détention d’Ousmane Gaoual : Son incarcération, un coup dur pour la famille (son père)

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Conakry-Guinée : Pendant qu’un non-lieu a été accordé à une trentaine de détenus politiques incarcérés depuis six mois, Ousmane Gaoual n’a pas bénéficié de cette grâce de la justice guinéenne ce vendredi 7 mai. L’ancien député de l’UFDG puisque c’est de lui qu’il s’agit, quant à lui, reste en prison avec d’autres cadres du principal parti de l’opposition.

Cette incarcération prolongée ne laisse pas indifférent le père du député qui pense que les accusations fomentées contre son fils ne sont que pure invention. El hadj Saidou Diallo, interrogé ce samedi 8 mai par notre par notre rédaction, il souhaite une libération sans condition de son fils et de tous les autres détenus politiques, même si par ailleurs il émet un doute sur la sincérité de la justice.

Incarcéré depuis plus de six mois à la Maison centrale de Conakry, Ousmane Gaoual Diallo est accusé pour détention et fabrication d’armes. Son absence prolongée sans jugement est un véritable calvaire pour sa famille notamment son père. Il ne cache pas son amertume : « Ousmane Gaoual, c’est mon garçon qui est présent en Guinée. C’est le soutien présent en Guinée. Son incarcération est un coup dur pour la famille. Il nous manque d’abord sur le plan de la contribution pour la survie de la famille et ensuite, il nous manque en tant que personne humaine ».

Les accusations portées contre son fils, il les balaie d’un revers de la main. El hadj Saidou Diallo martèle que l’ancien député ne peut en aucun cas être capable de fabriquer une arme. « Je ne crois pas qu’Ousmane soit capable de fabriquer un lance-pierre en plus forte raison un couteau, une flèche ou un fusil de chasse ou de guerre. Il n’a jamais pris un marteau, il n’est pas forgeron, il est technicien de la plume. C’est un informaticien, un économiste, un homme de droit. Je ne crois pas que ce soit là des armes de guerre dont on peut parler. Mais si l’expression du droit est une arme, oui, il l’en fait usage parce qu’il se défend par le droit et par la loi », explique El hadj Saïdou Diallo.

Le coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG est en prison avec d’autres cadres du parti sans jugement. Pendant ce temps, sa santé se fragilise et la justice traîne les pieds. Une lenteur que dénonce son père : « Je crois que l’appareil judiciaire est en train de traîner les pieds parce que j’ai l’impression qu’il n’a pas les mains libres, sinon une enquête de ce type-là ne peut pas durer au-delà de six (6) mois. D’autant plus que, ils n’ont pas sorti un seul élément dans un scellé pour démontrer qu’Ousmane Gaoual a fabriqué ou a détenu une arme. Il y en avait, ils auraient exhibé ».

El hadj Saidou Diallo dit ne pas croire à la justice guinéenne pour une issue favorable en faveur de son fils, mais également pour tous les autres détenus. Parce que pour lui, la non-participation des avocats dans les instructions laisse entrevoir une main noire derrière le dossier.

Moïse Rama Fils