Royaume-Uni : le palais de Buckingham accusé d’avoir exclu les minorités des plus hauts postes

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Buckingham Palace a négocié des clauses exemptant la reine et sa maison de la loi votée en 1968 contre les discriminations. Cette exemption court toujours.

Le palais de Buckingham -résidence de la reine d’Angleterre- est visé par des accusations de discrimination jeudi 3 juin après des révélations du Guardian sur l’exclusion des « immigrants de couleur ou les étrangers » des plus hautes fonctions dans la maison de la Reine au moins jusqu’à la fin des années 1960.

Le journal enquêtait sur l’utilisation de la procédure du consentement royal -selon laquelle le monarque britannique doit donner son feu vert à toute loi affectant ses prérogatives ou intérêts avant qu’elle ne soit débattue par les députés- lorsqu’il a découvert que Buckingham Palace avait négocié des clauses exemptant la reine et sa maison de la loi votée en 1968 contre les discriminations.

 Dans un mémo issu des archives nationales, un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur raconte comment un des plus hauts conseillers de la reine, Lord Tryon, lui avait affirmé que le palais n’employait pas de personnes issues de minorités ethniques à des postes de bureau. Lord Tryon avait indiqué que le palais donnerait son accord au projet de loi contre la discrimination basée sur la race s’il bénéficiait d’exemptions similaires à celle du corps diplomatique, qui pouvait rejeter une candidature si la personne résidait au Royaume-Uni depuis moins de cinq ans. 

Embaucher des « personnes de couleur à des postes ordinaires de domestiques » était en revanche autorisé, précise la note. Encore aujourd’hui, la reine et sa maisonnée sont officiellement exemptées de cette loi contre les discriminations. Mais ils s’y conforment « par principe et dans les faits », a indiqué jeudi un porte-parole du palais de Buckingham à l’AFP.

« Cela se reflète dans la diversité, inclusion et dignité » des pratiques de la famille royale, a-t-il assuré. « Des affirmations basées sur un récit de deuxième main de conversations datant d’il y a plus de 50 ans ne doivent pas être utilisées pour tirer des conclusions sur la façon dont les choses se déroulent aujourd’hui », a-t-il ajouté.