Interview : «La naturopathie est l’ensemble des moyens de préventions des maladies par des moyens naturels» (Dr Cécé Jean Benemou)

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Conakry-Guinée : Cherchant à promouvoir les sciences de naturopathie et certainement essayez de lutter contre les maladies diabétiques et hypertensions en Guinée, l’universitaire, naturopathe et biologiste, Cécé Jean Benemou, nous décrit dans cet entretien inédit à nos confrères de Horoya, le bien-fondé de cette discipline médicale, qui autrefois, était le bouclier pour la santé à cause du régime alimentaire des êtres humains. Lisez :

Horoya : La naturopathie est une discipline rare en Guinée, parlez-nous de cette discipline ?

Dr Cécé Jean Benemou : J’appartiens à un domaine qu’on peut appeler médiconaturo-pathétique. Il s’agit d’un domaine de la science qui n’est pas connu de l’Afrique et qui est en grande expansion en occident (aux États-Unis, France, au Canada etc.). Mais l’Afrique ne connait pas ce domaine qu’on appelle la naturopathie. C’est pourquoi depuis quelques années, je suis sur les médias en Guinée pour faire connaitre ce domaine à mes compatriotes afin de contribuer à l’amélioration à leur santé. Pour la petite histoire, Hippocrate le père de la médecine a d’abord crée la naturopathie avant la médecine allopathique dans la Grèce antique. Hippocrate quand il a créé la naturopathie, c’est à cette époque qu’il disait que : «Ton aliment soit ton remède que ton remède soit ton aliment». C’est après ça qu’il a construit la première école de la médecine allopathique classique, qui est aujourd’hui la médecine classique conventionnelle. Autrement dit la naturopathie est née avant la médecine classique. C’est après la deuxième guerre mondiale, quand il était question de construire les structures de l’ONU que la médecine allopathique a pris le déçu sur la naturopathie grâce à l’industrie pharmaceutique mondiale, qui représente le deuxième lobby du monde après le lobbying pétrolier. En regardant un cours en arrière dans la l’histoire de l’industrie pharmaceutique mondiale, c’est en 1910 que le rapport Flexner a donné la suprématie de la médecine allopathie sur la médecine naturopathique. Il y avait déjà plus de trente-neuf molécules de médicaments qui circulaient sur le marché mondial. Alors, on ne pouvait pas laisser toute une industrie pharmaceutique qui était dans un grand élan de développement pour s’intéresser à développer les principes de la nature. Voilà un peu la petite histoire sur la naturopathie. Le sens étymologique est très simple, on a deux étymologies avec le terme naturopathie. La première est d’origine latine natura qui veut dire nature et pathos qui veut dire ressentir le mal. Autrement dit, c’est l’ensemble des méthodes de traitement des maladies par les moyens naturels. La seconde étymologie vient de l’anglais nature qui veut dire nature et pass qui veut dire chemin de la nature, le chemin de la santé. D’après cette étymologie, la naturopathie est l’ensemble des moyens de préventions des maladies par des moyens naturels. C’est l’art de demeurer en bonne santé par les moyens naturels.

Dites-nous quelle est la relation qui existe entre la médecine ancienne (naturopathie) et celle de la modernité (allopathique) ?

La relation entre la naturopathie et la médecine allopathique, de point de vue anatomo-physio-biochimique, la naturopathie et la médecine devraient être une même science, les intégrées. C’était la vision du père de la médecine Hippocrate. Hippocrate avait bien balisé le chemin de la santé de l’humanité. C’est les hommes qui ont modifié la philosophie d’Hippocrate. A l’époque, comme je disais à l’introduction, la naturopathie était déjà. Mais je vais vous rappeler que l’organisme que nous constituons n’est que molécule, des cheveux aux ongles, n’est que molécule et ces molécules ne sont que des molécules alimentaires qu’on appelle glucides, lipides, protéines, vitamines, sels minéraux etc. La seule chose qui existe dans notre corps qui n’est pas aliment, c’est ce que les religieux appellent «âme». C’est la seule chose qui existe dans le corps humain qui n’est pas molécule, sinon tout le reste n’est qu’aliment. Alors, la naturopathie prend l’organisme comme un entier, indivisible à contrario avec la médecine classique, pathologies sont symptomatiques. On vous dira qu’il a mal au ventre, le naturopathe ne regarde pas le ventre. Hippocrate l’avait dit, cherchez la cause de la cause, de la cause, de la cause (l’origine). La médecine allopathique regarde les clignotants. Quand vous avez mal à la tête, c’est paracétamol qu’on va vous donner pour clamer la douleur de la tête, le naturopathe ne fera pas cela. Le naturopathe cherche à savoir la cause parce qu’une constipation peut-être à l’origine des maux de tête. Le naturopathe attaque la cause, ce n’est pas les clignotants qui nous intéressent. Les clignotants, c’est les symptômes du corps. Alors, la différence n’est pas fondamentale, les disciplines qui nous séparent ne sont pas nombreuses. Ce que les médecins étudient que nous nous n’étudions pas et ce que nous étudions et qu’ils n’étudient pas ne pas aussi nombreuses, comme science, comme discipline. Les mêmes disciplines fondamentales demeurent : l’anatomie, la physiologie, la biochimie, etc.

Quelle est la particularité de la naturopathie par rapport à un être humain?

Quand le naturopathe a devant lui un être humain, quand je vous vois à vue d’œil, sans connaitre votre nom, votre origine, votre bagage intellectuel, non, moi naturopathe, c’est d’abord si vous êtes un homme normal, c’est-à-dire la relation existe entre votre taille et votre poids. Je m’imagine cela dans ma tête, si vous faites partie des personnes normales ou anormales, si vous êtes dans le surpoids, dans l’obésité ou si vous êtes dans la maigreur. Le naturopathe, ce qu’il voit à vue d’œil et s’il y a échange de parole, je cherche à savoir qui vous êtes, ce n’est pas votre nom qui m’intéresse parce qu’on va vous donnez un nom si vous allez ailleurs, vous pouvez le changer. Votre première identité pour le naturopathe, c’est le groupe sanguin. Aujourd’hui, au Japon en Asie surtout, c’est la première marque de connaissance d’un individu. Il existe une idéologie au Japon aujourd’hui qu’on appelle le ‘’Kesihekigata’’ c’est-à-dire l’homme dans son sang pour sa vie. Il y a une société qu’on appelle «about so sit» c’est une société qui permet aujourd’hui aux grandes entreprises japonaises de faire le recrutement du personnel à partir du groupe sanguin. On dit qu’il y a un poste ici, il faut que les intéressés soient de tel groupe sanguin par exemple : A, B, O ou AB, tous ceux qui ne sont pas de ce groupe ne peuvent plus faire le test. Quand vous dites à une demoiselle japonaise je t’aime, la première question à te pose, tel est ton groupe sanguin si vous êtes compatibles.

L’alimentation, la plus grosse bêtise de l’humanité, c’est d’avoir pensé que nous devons manger la même chose. Parce que nous sommes différents, nos ADN diffèrent, nos protéines qui nous constituent diffèrent et à quoi bon prendre les mêmes choses alors que ces aliments viennent pour nous construire, bien pour échanger ces molécules. C’est bête de dire qu’on doit manger les mêmes choses et c’est l’origine des fondements des maladies. C’est grâce aux œuvres de l’américain Peter James Adamo qui a publié son livre en 1996, intitulé « It right four(… )» quatre groupes sanguins, quatre régimes sanguins. C’est ce livre qui m’inspire aujourd’hui pour que je puisse donner la santé à mes compatriotes guinéens. C’est à partir de ce livre que j’ai conçu les quatre fiches des régimes sanguins qui circulent aujourd’hui de Lola jusqu’à Koundara, en République de Guinée et que j’ai envoyé aujourd’hui au quotidien national Horoya pour faire encore une publication.

Quels sont les sentiments qui vous animent dans le cadre de l’amélioration de la santé de vos compatriotes guinéens ?

J’ai dit sur les antennes de la télévision nationale, comme disait Galillé, le physicien : «Donnez-moi un point d’appui, je vais soulever la terre», si on n’avait placé Galillé sur mars ou sur Jupiter, il aurait soulevé la terre. J’ai dit si le Pr Alpha Condé accepte dans trois à quatre ans, on doit plus parler de l’hypertension en Guinée. C’est ce que les médecins allopathes appellent les maladies chroniques, nous en naturopathie, on appelle les maladies de civilisation. Pour nous, rien n’est chronique parce que c’est en te faisant changer ton mode de vie, tu seras guéri et c’est ce que je suis en train de faire en Guinée. Je donne la santé aux diabétiques, aux hypertendus sans racines de la brousse et modifiant leurs mangés, en modifiant leur comportement. J’ai invité les belles initiatives qui peuvent me joindre pour améliorer la santé de nos compatriotes. Le vin blanc et les légumes, on les appelle en naturopathie les alicaments, c’est des produits nutritifs et thérapeutiques, c’est ça les alicaments.

Aujourd’hui, le sentiment que j’ai c’est comment promouvoir cette naturopathie dans mon cher pays afin de contribuer à l’amélioration de la santé de la population surtout les personnes âgées. A partir de 35 à 40 ans, il faut savoir qu’il y a des cellules qui ne travaillent plus, des tissus qui ne travaillent plus, des organes qui travaillent mal. Seule la naturopathie est capable d’enseigner ça. Mes ambitions sont très grandes en esprit patriotique. Comment développer et comment promouvoir la naturopathie au bénéfice des Guinéens. Voilà l’idée qui m’anime aujourd’hui avec les personnes de bonne volonté. Il suffit de faire consommer par des personnes âgées, pourquoi ne pas ouvrir des restaurants santé, des écoles et des laboratoires pour la promotion de la naturopathie.

Entretien réalisé par

Amara Touré