Secteur Automobile : les parcs autos de Conakry aux abois

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Conakry-Guinée : Souvent menacés de quitter les artères principales de Conakry depuis plusieurs mois par les autorités, les propriétaires des parcs automobiles de Conakry sont entre espoir et inquiétude. Dans un contexte de crise économique majeur auquel le pays fait face depuis l’apparition de l’épidémie du coronavirus, le secteur de la vente automobile en Guinée est aux abois.

N’ayant guère une structure syndicale en place, cette corporation est tant bien que mal une entité qui subit de plein fouet les conséquences des réformes douanières et fiscales. Pour preuve, dans le communiqué lu récemment à la télévision nationale, le chef de l’Etat avait interdit l’importation des véhicules dépassant treize ans sur tout le territoire national. Cela a fortement contribué à la baisse de revenu des propriétaires des parcs automobiles, ce à cause de la cherté de leurs produits. «La plupart des clients qui viennent demander les prix des véhicules ne reviendront quasiment plus. Parfois ils n’ont pas même les 2/4 de l’argent demandé», a souligné Mouctar Touré, agent dans un parc de voiture à Nongo Tady.

Face au manque d’une structure syndicale, les vendeurs automobiles de la capitale sont aussi exposés aux mesures drastiques des pouvoirs publics. Sachant que la plupart d’entre eux ne sont pas propriétaires des lieux de ventes. «Nous payons chaque fin de mois 2.500.000 francs guinéens comme loyer et nous mettons les moyens supplémentaires pour renforcer la sécurité de nos véhicules, c’est-à-dire employer un ou deux agents de la sécurité pour veiller à nos biens», nous rapporte Mouctar Touré.

Dans cette situation embarrassante, les prix des voitures de six cylindres varient entre 80.000.000 à 150.000.000 francs guinéens et les quatre cylindres se situent de 25.000.000 fg à 80.000.000 fg. Cela change en fonction de la qualité des véhicules.

Pour bon nombre d’usagers, les propriétaires des parcs automobiles surfacturent  leurs clients, non seulement par la cupidité, mais aussi par les coups fiscaux exorbitants.

Autant dire que la corporation automobile à Conakry est à la fois entre espoir et inquiétude.

Amara Touré