Transport urbain : la contradiction persiste entre transporteurs et passagers

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Conakry-Guinée : Depuis l’augmentation du prix de carburant à la pompe le mercredi 4 août, rien ne semble fonctionner à la normale à Conakry, principalement dans le secteur du transport routier. On observe quasiment la montée des prix de diverses activités socioprofessionnelles, ce qui a de facto entrainé la contradiction  d’une part entre commerçants et les consommateurs sur les prix des articles et d’autre part entre les transporteurs et les passagers sur le tarif des tronçons.

Dans cette atmosphère contradictoire où personne n’est prêt à abdiquer pour l’autre, le secteur du transport routier reste sans ambages opposé à la décision du Syndicat des transporteurs routiers de Guinée.

Dans leur déclaration lue récemment dans les ondes des médias d’Etat, le porte-parole des Syndicats, El hadj Ousmane Horoya Sylla, a réaffirmé le maintien des anciens tarifs. «Le tarif par tronçon est fixé à 1500 GNF dans les taxis et 1000 gnf le minibus et dans les bus». Contrairement à cette décision syndicale, les chauffeurs de taxis, minibus et autres ont davantage rehaussé le prix à 2000 francs guinéens par tronçon dans les taxis et 1500 dans les minibus, exception faite pour les bus de la SOGUITRANS qui maintient le même prix à 1000 GNF.

La vie chère ou la conjoncture est presque liée au cours du carburant a contribué à paralyser la circulation routière ce lundi matin 9 août dans la capitale Conakry où certains transporteurs de la ville ont boycotté la mobilité des citoyens.

Très indigné, Ousmane Diallo, chauffeur de taxi à la belle vue, fustige la décision de leur syndicat. «Nous protestons contre cette décision qui va à l’encontre de nos intérêts. C’est une décision contre nature, sachant qu’on ne peut pas acheter le carburant à la pompe à 11 000 francs guinéens et que nous  laissons les gens circuler à l’ancien prix, c’est injuste. Raison pour laquelle j’ai décidé de ne pas rouler aujourd’hui», a-t-il expliqué.

Devant une telle contradiction, bon nombre de citoyens accusent le gouvernement «de n’avoir pas mis en place des mesures supplémentaires pour améliorer la bonne marche de la circulation».

Pour certains, c’est une décision contre nature, comme le note Sayon Camara, passager au port de Boulbinet. «Je pense que le syndicat des transporteurs veut semer la zizanie entre transporteurs et passagers. De 9 000 à 11 000 francs guinéens, c’est un grand écart, si c’était au moins à 10 000 FG le litre de carburant, on pouvait comprendre que les chauffeurs laissent à 1 500 Fg tronçon», dit-il.

Pour l’heure, la question du transport urbain reste un problème à tel point que certains transporteurs et passagers se livrent parfois à la chamaillerie voire même se donner des coups de poing.
Amara Touré