CAN 2022 : Quelle chance pour le Syli ? Des acteurs du football s’expriment

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Conakry-Guinée : La coupe d’Afrique des nations (CAN) doit reprendre ses droits du 9 janvier au 6 février 2022 au Cameroun, après un an de décalage à cause de la pandémie de la Covid-19. Dans cette perspective, le Syli national de Guinée a été logé dans le groupe B, lors du tirage au sort, hier soir 17 août au palais des congrès de Yaoundé avec le finaliste malheureux de la dernière CAN, le Sénégal et devant deux équipes modestes du tournoi, le Malawi et le Zimbabwe.

Entre espoir et réalisme, le public guinéen attend cette fois-ci un grand exploit de la part son équipe nationale qui n’a remporté aucun trophée majeur de son histoire. Ainsi, au lendemain (mercredi 18 août) de ce tirage au sort, guinéetime.info a contacté deux personnes des plus imprégnées du football tricolore en vue d’évaluer les chances des 23 guinéens pendant la prochaine CAN au Cameroun. Il s’agit du consultant sportif Thierno Saidou Diakité et Oumar Sy Savané, entraineur national et président d’honneur de l’Association des entraineurs et éducateurs de football de Guinée.

Pour Thierno Saidou Diakité, nous devons prendre en compte les quatre premiers matchs des éliminatoires de la coupe du monde afin de construire une équipe solide. «Je vais profiter de cette opportunité pour m’adresser aux autorités sportives (Fédération et le ministère des Sports), il faut que dès maintenant l’entraineur national puisse identifier les probables adversaires pour les fenêtres FIFA dont on va bénéficier à partir d’octobre à janvier. Parce que de septembre à octobre, il y a quatre matchs à livrer pour le compte de la troisième tour éliminatoire de la coupe du monde. On est avec le Maroc, la Guinée-Bissau et le Soudan. Le 10 septembre, on rencontre la Guinée-Bissau en Mauritanie parce que les stades de la Guinée-Bissau ne sont pas homologués. Deuxième match, on va recevoir le Maroc. Ensuite, on va jouer contre le Soudan et la Guinée-Bissau encore. Alors, septembre-octobre, il y aura quatre matchs officiels pour le compte des éliminatoires de la coupe du monde. Donc, d’octobre à janvier il y aura des fenêtres FIFA, c’est-à-dire des journées FIFA pour des matchs amicaux» a-t-il cité. Le consultant n’a pas manqué d’attirer l’attention des autorités sur les préparatifs budgétaires et techniques du syli. «Il faut dès maintenant  que l’entraineur puisse identifier les probables adversaires pour les matchs amicaux et que le ministère et de la Fédération préparent déjà le budget de la campagne pour la CAN en prévoyant les primes et transports. Il faut nécessairement un programme bien aménagé et qu’il n’y ait pas d’improvisation. Il n’y a plus de petites équipes. Sur le papier, la Guinée et le Sénégal sont favoris, mais en match direct le Malawi et le Zimbabwe peuvent nous créer des problèmes. On a vu 2019, le Madagascar a fait la surprise. Première participation, ils nous ont tenu en échec. Il faudrait bien qu’on puisse tirer de leçon de cette campagne passée», a analysé Thierno Saidou Diakité. Afin d’aller plus loin, M. Diakité a exhorté le coach guinéen Didier Six à faire une meilleure sélection. «Je souhaite que l’entraineur fasse les meilleurs choix possibles pour que les 23 qui vont nous représenter au Cameroun soient vraiment représentatifs et qu’ils puissent nous permettre d’effacer les mauvais souvenirs c’est-à-dire, si on franchit le premier tour qu’on aille au moins en quart de finale et pourquoi pas les demi-finales». a-t-il conclu.

Pour sa visibilité, l’entraineur Oumar Sy Savané s’est plutôt penché sur la qualité des préparatifs. «Actuellement, il n’y a plus de petites équipes, chaque équipe a sa chance. Par exemple, quand vous prenez la Sierra Leone qui avait fait match nul 4-4 avec le Nigeria à Lagos, ce qui démontre qu’il n’y a plus de petites équipes. Mais la chance de la Guinée, simplement existe à la seule condition qu’on fasse une préparation sérieuse. Cela découle d’abord du choix des hommes, c’est extrêmement important, ça ne sert à rien de prendre un nombre de touristes et oublier l’essentiel» explique t-il. Poursuivant, le coach a insisté sur le choix des hommes qui, selon lui, constitue la pierre angulaire. «Tout dépend du choix des hommes à tous les niveaux. Je m’excuse, mais l’encadrement du syli national est hétéroclite, on ne voit aucune visibilité. Donc, il est préférable d’apporter une expertise à côté de l’encadrement technique du syli pour aller de l’avant», a laissé entendre Oumar Sy Savané.
Amara Touré