Kaporo-rails, Kipe2 et Dimesse : les déguerpis réclament leurs parcelles et l’arrestation des casseurs (Déclaration)

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Déclaration du Collectif des victimes de Kaporo-rails, Kipe2 et Dimesse 2019 Restitution de Kaporo – Rails et arrestation des casseurs


Le Collectif des victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse 2019 salue la prise du pouvoir par le CNRD (Comité National de Rassemblement et du Développement). Ce tournant décisif dans l’histoire de notre pays est une libération pour le peuple qui a tant souffert. Au nombre de ces souffrances figure l’expulsion de 1 203 familles de leurs habitations par le clan d’Alpha Condé qui avait pris le pays en otage. Entre février et mars 2019, le Ministère de la Ville et de l’aménagement du territoire sur instruction de l’ancien dictateur a détruit au moins 2 500 maisons dans ces localités selon des images satellites exploitées par l’ONG américaine Human Rights Watch. Il convient de rappeler qu’en tout, 20 000 citoyens ont été jetés dans la rue parmi lesquels des personnes âgées (veuves, retraités), des femmes en état de famille ou nourrices et des enfants)
Sur le plan social, il est difficile d’évaluer le drame enregistré à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse.
Kaporo-Rails n’a jamais été dans le portefeuille de l’Etat parce que :
-L’Etat n’a jamais acheté la zone ;
-N’a jamais exproprié les habitants et n’a aucun droit de préemption.

Par ailleurs, le décret numéro 21 du 23 novembre 1989 sur lequel se sont fondés nos bourreaux est bien clair en son article 4 je cite : «Les occupants qui auraient mis en valeur leurs fonds avant la date du 20 avril 1988, ne sont déguerpis que si l’Etat s’engage à les recaser et à les indemniser de la valeur de leur réalisation sur le fonds».


Le gouvernement Condé a menti sur toute la ligne dans l’affaire Kaporo-Rails. Pour le cas de Kipé 2, le Ministère de la ville a refusé d’appliquer l’ordre de mission qu’il a lui-même établi et qui prévoyait : «Le bornage, l’expertise, l’évaluation des bâtis et l’assignation des occupants des parcelles contenues ». En clair, l’indemnisation avait été prévue mais n’a jamais eu lieu.

Le pouvoir Condé a également ignoré systématiquement les décisions du Tribunal de Première Instance de Dixinn qui avait ordonné l’arrêt de tous travaux sur place Concernant Kaporo-Rails et Dimesse, les habitants n’ont reçu aucun avertissement et dans l’ensemble des cas, le code foncier et domanial de la Guinée, la constitution qui garanti le droit à la propriété ainsi que les conventions africaines et internationales en matière de droits humains ont été foulés au sol par le régime Condé.


L’affaire Kaporo-Rails dure depuis 23 ans maintenant. Parlant de la casse de 1998 qui a concerné une partie de la zone, l’ancien Ministre de l’Urbanisme Elhadj Mansour Kaba a déclaré en 2019 que 77 milliards de francs avaient été prévus pour dédommager les victimes. Il a ajouté que 400 hectares avaient été identifiés dans la préfecture de Coyah pour ces citoyens de Kaporo-Rails mais en vain.

En visite dans la zone le 4 mai 2016, Alpha Condé a présenté ses excuses aux victimes de 1998 tout en rassurant les rescapés, qu’il n’y aura plus pareil drame. Ce jour, Louceny Camara Ministre de la Ville à l’époque avait fait savoir que c’est la mobilisation de 76 milliards de francs au titre du dédommagement des populations qui retardait le démarrage de l’aménagement. Ni le montant dont a fait allusion Elhadj Mansour Kaba, ni celui annoncé par Lounceny Camara n’ont été remis aux populations. En clair, il n’y a jamais eu de dédommagement encore moins de recasement.


Est-ce que l’argent a été sorti des caisses de l’Etat pour prendre une autre destination ? Est-ce que les domaines prévus ont été revendus ?
Voilà les questions auxquelles devront répondre les anciens dignitaires.


En 2019, nos rêves ont été brisés par Alpha Condé qui a envoyé Ibrahima Kourouma nous humilier. Deux ans après les faits, ce que certains appellent le Centre Directionnel de Koloma a été passé à des groupes mafieux de Guinéens appuyés par des étrangers. IMAAG-Holding, une société écran composée en majorité d’Ivoiriens revend un mètre carré de nos terres à 1 000 euros.


Dans sa quête de justice, le Collectif des victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse formule la présente demande au CNRD:
1- Rétablir les victimes dans leurs droits en restituant leurs terres et en reconstruisant leurs habitations;
2-L’arrêt de tous les travaux d’occupation en cours à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ainsi que des acquisitions frauduleuses, notamment par la société Orange-Guinée;
3-Le démantèlement de la société IMAAG-HOLDING;
4-L’inculpation d’Ibrahima Kourouma, ancien Ministre de la ville et de tous les agents impliqués dans la casse;
5-La reconnaissance des délits commis par l’ancien régime;
6-Faire toute la lumière autour de la casse de Kaporo-Rails de 1998 et de 2019 à travers une enquête et un procès juste et équitable. Les victimes fondent un réel espoir sur le CNRD et sur son Président qui a déclaré que la justice sera désormais la boussole qui orientera chaque citoyen.


Le collectif rassure le CNRD de son engagement à lui fournir tous les détails relatifs à ce dossier y compris la liste provisoire des auteurs de la casse de Kaporo-Rails.


Le collectif invite les victimes et les organisations partenaires å rester mobilisées pour le triomphe de la vérité. D’autres consignes seront données dans les prochains jours.


Conakry, le 11 septembre 2021