Viol à Entag : l’Ordre des Médecins ne reconnaît pas les médecins mis en causes (Déclaration)

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Conkry-Guinée : Ce lundi 18 octobre 2022, l’Ordre national des médecins s’est fendu d’une déclaration pour dénoncer certaines pratiques des médecins indélicats qui ternissent l’image de la profession. Pour le cas spécifique de M’Mah Sylla, cette étudiante qui aurait été victime de viol collectif par trois médecins il y a deux mois de cela et aujourd’hui qui se trouve dans un état critique suite aux multiples tentatives d’avortement par ses bourreaux.

L’ordre des Médecins dirigé par Prof. Hassane Bah, dans cette déclaration, dit se constituer partie civile dans ce dossier pour défendre l’honneur de la profession, mais aussi l’intérêt de la victime. Lisez ladite déclaration :

Déclaration de l’Ordre National des Médecins de Guinée

Chers Compatriotes,

Mesdames et Messieurs

C’est avec une grande consternation que nous avons appris par voie de presse l’agression sexuelle commise sur une patiente dans un cabinet médical par des soi-disant médecins dans la banlieue de Conakry. L’Ordre National des Médecins de Guinée condamne fermement ce comportement indigne contraire à toutes les valeurs morales, éthiques et déontologiques qui régissent l’exercice de la profession.

Chers compatriotes

L’exercice de la profession médicale requiert une formation continue de sept ans sanctionnée par un diplôme et une inscription au Conseil de l’ordre des médecins, celle-ci est précédée dune enquête de moralité. Après vérification, nous avons constaté que les mis en causes ne sont pas répertoriés au niveau de notre institution. S’agit-il de médecins ? S’agit-il d’infirmiers, de garçons de salle, de tradipraticiens ou autres ? A notre avis la réponse est claire : il s’agit de délinquants sexuels ayant commis un viol collectif dans l’exercice illégal de la profession médicale. Le viol est un crime imprescriptible. Lorsqu’il est commis par un agent de santé, qui profite de sa position ascendante et de la vulnérabilité de la victime, cela constitue une circonstance aggravante. Nous ne devons pas nous tromper de cible, il ne s’agit nullement d’un procès de médecins, mais celui de délinquants sexuels. Il faut rappeler à instar des autres pays que l’exercice de la profession médicale est encadré et contrôlé par des mécanismes étatiques réglementés et transparents, assortis d’un suivi et évaluation constant. Au-delà du diplôme, l’exercice de la médecine requiert de l’éthique et de la discipline et ne saurait être l’apanage de simples associations de médecins ou de syndicat. C’est pourquoi, nous invitons le ministère de la Santé à prendre toutes ses responsabilités pour garantir à tous les Guinéens des soins de qualité dispensés par un personnel qualifié et équipé. A la justice, nous demandons une application stricte de la loi dans toute sa rigueur en matière de responsabilité médicale en général, et la responsabilité répressive en particulier.

A la lumière de ce qui précède, le Conseil national de l’ordre des médecins de Guinée décide :

– De se constituer partie civile à coté de la victime pour défendre l’honneur de la profession médicale et protéger les intérêts de la patiente ;

– D’interdire l’exercice de la profession médicale sur toute l’étendue du territoire aux personnes qui seront inculpées.

Nous ne saurions terminer sans nous incliner pieusement devant les nombreuses victimes connues et anonymes des fautes et erreurs médicales commises par le corps médical aux préjudices des populations guinéennes et nous invitons les médecins au respect du serment d’Hippocrate, gage certain d’une bonne conduite professionnelle.

Pour l’Ordre national des médecins de Guinée

Le Président

Moise Rama Fils