Santé publique en Guinée : les premières journées scientifiques pour partager les résultats de recherche et les expériences

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Conakry-Guinée : En collaboration avec les Chaires de santé publique de la Faculté des Sciences et techniques de la santé (FSTS) de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, l’Institut national de Santé publique (INSP) a organisé ce samedi 27 novembre à Conakry, les premières journées de santé publique. Elle a connu la participation des professionnels de santé de tous les coins du pays, mais aussi d’ailleurs.

Le thème central est : «Les pays à ressources limitées face aux épidémies». D’autres thématiques abordées sont entre autres : les infections virales et bactériales à potentielle épidémiques, les maladies parasitaires et les maladies vectorielles, les communications libres sur d’autres domaines de santé publique comme les maladies non transmissibles, le diabète, etc… Pour atteindre ses objectifs, plusieurs sous-thèmes ont été développés simultanément en présenciel et en visioconférence.

Dans son discours de bienvenue, Pr Abdoulaye Touré, Directeur général de l’INSP, a rappelé que ces journées sont d’une importance capitale pour les scientifiques et décideurs de la santé aussi bien en Guinée que pour l’Afrique de l’ouest. Des efforts importants ont été fournis par l’ensemble des gouvernements des pays de la sous-région ainsi que des partenaires pour améliorer la performance des systèmes de santé dans la riposte contre les épidémies dans la sous-région. «Malgré ces efforts consentis à tous les niveaux, plusieurs défis restent encore à relever. Parmi ces défis figurent la faible prise en compte des résultats de la recherche dans les décisions stratégiques. C’est pour faciliter le partage de ces données de recherche, d’abord entre scientifiques, ensuite entre les scientifiques et les décideurs que l’Institut national de santé publique et la Faculté des Sciences et techniques de la santé (FSTS) de l’Université Gamal Abdel Nasser à travers ses différentes chaires ont initié cette rencontre d’échange sur des questions de santé publique importantes», a indiqué Pr Touré. Pour lui, les résultats de recherche présentés au cours de ces premières journées permettront de qualifier les dispositifs de prévention et de prise en charge des maladies, quelles soient des maladies transmissibles ou non transmissibles. Enfin, il a remercié les partenaires de son institution pour leur appui pour la réussite de ces journées.

Au nom de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Guinée, Dr Konah a indiqué que la Guinée tout comme les pays de la sous-région qui sont en proie aux multiples épidémies ont des expériences diverses, mais qu’il faut pouvoir partager. «Je crois qu’à l’occasion de ses premières journées scientifiques de santé publique nous donne l’occasion de sortir de nos laboratoires et de voir comment on peut à partir des expériences vécues, des recherches impacter nos systèmes de santé ». Il a remercié l’OIM pour ses efforts dans les urgences de santé en Guinée. « Je pense que ces premières journées s’inscrivent aussi dans la génération des connaissances. Beaucoup de choses se font, mais elles ne sont pas partagées». Il a souhaité que la recherche soit mise au centre du renforcement du système de santé en Guinée.

M. Maximilian Diaz, chargé de programmes à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a salué la tenue de ces premières journées de santé publique en Guinée. Parce qu’elle offre une opportunité aux acteurs de santé publique de partager les résultats de leurs recherches, mais aussi de partager des expériences qui permettront d’influencer les politiques publiques en matière de santé publique. «Nous nous réjouissons des progrès faits par la Guinée en matière de santé publique incluant les questions de mobilité. La pandémie de la COVID 19 qui frappe le monde aujourd’hui a été une illustration parfaite de l’importance de la prise en compte de la santé dans la mobilité pour une migration sûre, régulière et dans le bon corps. Cette pandémie a affecté la mobilité à travers le monde sous diverses formes et a créé des interdictions, des restrictions et des perturbations dans les manières de voyager avec un fort impact sur l’économie mondiale occasionné par la fermeture des frontières». Il a souligné que le département de santé publique de l’OIM Guinée intervient dans trois domaines spécifiques, notamment la préparation des réponses aux crises sanitaires, la promotion de la santé des migrants, le partenariat et plaidoyer. Il a cité les principales réalisations de l’OIM Guinée dans le domaine de la santé publique : la mise en place, l’équipement en meubles et matériels informatiques de 19 centres d’opération d’urgence de santé publique qui permettent à ce jour une réelle connectivité entre le centre et le niveau national ; la mise en place des postes de contrôle sanitaire aux points d’entrée pendant les épidémies d’Ebola et de COVID-19 ; la facilitation de la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de la Sécurité et de la protection civile et celui de la Santé pour une gestion multisectorielle efficace des urgences sanitaires. Il a réaffirmé l’engagement de l’OIM d’accompagner les autorités guinéennes pour l’atteinte de leurs objectifs de développement durable.

Pr Mohamed Cissé, Doyen de la Faculté des Sciences et techniques de la santé (FSTS) de l’Université Gamal Abdel Nasser, a indiqué qu’en 2018, la Guinée a présenté trois candidats au concours d’agrégation de CAMES à Brazzaville, plus précisément dans le domaine de la santé publique et tous les trois candidats ont été admis. «Pour nous, c’était l’occasion de montrer à la face non seulement du monde, mais de montrer également que dans notre pays il y a des ressources humaines capable de développer ce volet particulier qui est la santé publique», se réjouit-il. Même que l’organisation de ces premières journées de santé publique s’inscrit dans cette logique et aide les chercheurs de notre institution à vulgariser les travaux scientifiques pour permettre à la nouvelle génération de s’accaparer de ces résultats pour que les jeunes aillent de l’avant. Pr Cissé a invité la nouvelle génération à s’inscrire dans la recherche parce qu’on ne peut pas développer un pays sans les résultats de la recherche. «Ces résultats doivent être pérennisés et vulgarisés pour que le pays aille de l’avant. C’est une occasion exceptionnelle pour mettre en exergue les résultats des travaux scientifiques récoltés dans les différentes institutions sanitaires, vulgariser ces résultats au profit de la population, mais aussi au profit du système de santé guinéen dans l’ensemble». Enfin, Pr Mohamed Cissé a remercié les initiateurs de ces journées scientifiques de santé publique. Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de la Santé, Dr Bachir Kanté, conseiller du ministre, a salué la tenue de ces journées scientifiques de santé publique qui est une première en Guinée. «En Guinée, nous avons connu Ebola, le COVID-19 et bien d’autres épidémies. Particulièrement en Guinée, nous avons eu plusieurs épidémies en même temps. Donc, nous avons fait face à ces différentes épidémies à notre façon. Il est clair que l’expérience guinéenne doit être connue, le vécu guinéen doit être partagé afin que nos bonnes pratiques puissent être effectuées ailleurs, mais aussi que nous puissions accueillir les expériences des autres pour pouvoir confronter, faire une synergie d’action afin que les ripostes soient vraiment efficaces», a conclu Dr Kanté.