Conflit domanial : Une famille déguerpie en pleine nuit à Coléah-Lanseboungni

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Conakry-Guinée : La question foncière demeure de nos jours un problème fondamental dans notre société, au point que les gens s’entredéchirent au gré de leurs intérêts particuliers. En effet, parlant du présent sujet, une famille Sylla et ses locataires dans le quartier Coléah Lanseboungni, près de l’ancien maison de la presse, commune de Matam, a subi une descente musclée dans la nuit du jeudi à vendredi 17 décembre à 4 heure du matin, par des agents de force l’ordre dans le but de déloger ses occupants.

Le constat est déplorable, la concession en question, d’une superficie estimée à 2 parcelles, a été complément saccagée par un groupe de jeunes non identifiés, au vu et au su des forces de l’ordre, comme quoi ladite concession aurait été vendue et que «les autorités» leurs a ordonné de vider ses habitants.

Aux dires d’un locataire du nom d’Hervé, plusieurs lettres de préavis auraient été transmises aux propriétaires sans pour autant informer les locataires.

Selon l’un des petits-fils du propriétaire de la concession, un homme d’une soixantaine d’années nommé Fodé Momo Sylla est revenu sur le feuilleton judicaire entre la famille et leur soit disant locataire (Tairatou Madame  Keita). «On était partit à la justice de première instance de Mafanco, on a eu raison sur la dame, elle a fait appel à la cour d’appel de Conakry, cette cour nous a aussi donné raison. Lorsque le régime d’Alpha Condé a changé, elle nous a encore trimballé en justice, on a encore eu raison», affirme t-il. Poursuivant son explication, il a dénoncé les manœuvre d’un juge, qui selon lui, était de mèche avec Madame Tairatou Keita. «Il restait ainsi de lui donner le préavis afin qu’elle libère les lieux, il y avait à l’époque un juge qui était voisin à nous, ce dernier nous a dissuadé de lui laisser un peu de temps, de ne pas se presser, ironie du sort, le nommé juge était aussi de mèche avec la dame, c’est lui-même qui a organisé le coup pour falsifier les documents afin de revendre à une autre personne», dit-il.

Dans ce dilemme, comment quelqu’un ( Taïratou Keita) peut prétendre être un ayant droit d’une telle concession et qu’elle était considérée par les autres comme une simple locataire pour les riverains ?

 Fodé Momo Sylla réponds : «Qu’elle aurait acheté cette concession à Evette Camou (fille du patron de son grand-père), elle ne connaissait pas du tout cette femme. C’est pourquoi, on est parti voir les éléments des forces spéciales, ils ont regardé nos documents, parce qu’ils ont demandé les documents originaux aujourd’hui 17 décembre, les photocopies étaient avec nous, ils ont transmis ceux-ci à la Présidence, ils nous rassuré qu’ils vont convoqués la dame qui nous a agressé ici d’envoyer les siens de version originale. Demain samedi 18 décembre les forces spéciales et le secrétaire général de la justice seront là pour faire des investigations».

Cette scène de désolation montre à quel point les problèmes domaniaux sont devenus récurrents en Guinée, sans tenir compte le droit des uns et des autres.

Amara Touré