Boffa : «Je déplore dans nos prisons que les gens sont détenus sans qu’ils soient jugés dans un délai raisonnable» (Procureur Général)

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Boffa-Guinée : Dans sa mission d’inspection dans les juridictions de son ressort, le Parquet général de la Cour d’Appel de Conakry est passé ce lundi 21 mars dans la préfecture de Boffa. Une occasion qu’a saisi le Procureur Général pour s’enquérir de l’effectivité de l’exécution des décisions de justice, mais également à l’application de la loi pénale.

Des prisons civiles, gendarmeries et postes de polices ont été ainsi inspectés à cet effet.

A la prison civile de Boffa où séjournent trente-huit (38) détenus, le Procureur Général, Alphonse Charles Wright, a déploré le cadre de ladite maison carcérale. L’enceinte transformée en garage motos. Ce qui a mis le magistrat dans tous ses états : «Je déplore dans nos prisons que les gens sont détenus sans qu’ils soient jugés dans un délai raisonnable. Cela n’est pas digne de notre institution judiciaire. Deuxièmement, c’est le traitement des détenus. Je ne peux pas comprendre que dans une prison civile telle que Boffa il n’y a pas de médicament pour les détenus. Quelle que soit l’infraction qu’on les reproches, il est nécessaire qu’ils soient traités selon la dignité humaine», déplore-t-il.

Parlant des Officiers de police judiciaires, le Procureur a été sans ambages : «Du côté des OPJ, j’ai été très clairs, vous ne pouvez pas détenir des gens en prison à l’absence d’un titre de détention. Les mandats de détention ne suffisent plus pour détenir un citoyen en détention. Il vaudrait que cela soit accompagné par un titre de détention ou une ordonnance de placement en détention provisoire. Vous avez vu du côté de Boffa, tous les sages ont porté plus haut la nécessité à ce que la justice puisse jouer son rôle. Nous avons compris, on les a promis nous prendrons tout ce qui est comme mesure pour pouvoir faire en sorte que Boffa soit une zone de justice. Que les conflits entre éleveurs et agriculteurs soient réglés au niveau administrative, car nous nous occupons de la répression, la prévention n’est que l’affaire des autorités administratives (…) Vous ne pouvez pas par analogie donné des armes à une personne qui ne sait pas la manière sinon vous allez vous même créez des dégâts. Donc, vous ne pouvez pas donner des habilitations à des Officiers de Police Judiciaire (OPJ) qui sont chargés de constater des infractions de la loi pénale de réunir des preuves sans les donner les babas de la procédure pénale. Donc, à partir des constats que nous avons tiré des autres parquets et les autres juridictions, les OPJ ont la volonté de faire bien leur travail, mais franchement il faut avoir le courage de le dire ils n’ont pas le niveau qu’il faut pour pouvoir accomplir à bien leur mission. C’est raison pour laquelle une fois arrivé à Boffa ont a réuni les OPJ à une série de formation».

Moïse Rama Fils