Respect des droits humains dans les centres de détention : «On veut une police judiciaire républicaine, respectueuse des droits humains» (Charles Wright)

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Conakry-Guinée : A peine réhabilité dans ses fonctions, le Procureur Général Près la Cour d’Appel de Conakry n’entend pas rester dans son bureau. Ce jeudi 07 avril, Alphonse Charles Wright a entamé des inspections inopinées dans les différents parquets et police judiciaire de la zone spéciale de Conakry. Ces inspections étaient axées sur la mesure de garde-à-vue et les registres qui accompagnent ces mesures.

Ce sont-là trois (3) commissariats centraux, un (1) poste de police et quatre (4) gendarmeries nationales dans la commune de Dixinn et de Ratoma qui ont fait l’objet de visite du parquet général de la Cour d’Appel de Conakry. Dans ces services de police judiciaire, quelques manquements sont constatés a fait remarquer Mamadou Dian Bora Diallo, avocat général. « Vous aviez vu par exemple à la gendarmerie de Bambéto où ce service, fort malheureusement et de façon vraiment grave, n’a même pas de registre de garde-à-vue. Il y a également des personnes qui sont gardées là-bas depuis plus de huit (8) jours. C’est ce qui est inadmissible », déplore-t-il.

Sur place, face à ce manque de la procédure de détention à cette gendarmerie, l’habilitation de l’officier de police judiciaire a été suspendue. En colère face à ce comportement, le procureur Alphonse Charles Wright lui-même a signifié l’acte de suspension à l’officier. « Maintenant, votre habilitation est suspendue ! Vous la déposez d’ici 14 heures. Parce qu’on ne peut pas comprendre, vingt (20) jours que les gens soient détenus ici, une cellule qui n’est même pas aérée« , martèle-t-il.

Du commissariat de police du stade du 28 septembre en passant par la centrale de Belle-vue, de Nongo, l’escadron mobile Numéro 2 de Hamdallaye, Numéro 18 de Cosa, le commissariat urbain de Cosa, jusqu’au Commissariat Centrale de Ratoma, partout des instructions fermes ont été données par le Procureur général sur les respect des mesures de garde-à-vue.

Au Commissariat Centrale de Nongo, il souligne : « On veut une police judiciaire Républicaine, une police judiciaire respectueuse des droits humaines. C’est tout ce que nous vous demandons et je crois que les nouvelles qui sortent de ce commissariat sont rassurantes. Aucun citoyen n’a été privé illégalement de sa liberté. Des défaillances d’ordre procédural qu’on a fait remarquer, je vous prie de pouvoir les corriger. Parce que les jours à venir, nous repasseront pour une inspection systématiques« .

Si le constat est globalement satisfaisant, à en croire l’avocat général, toutefois il a rappelé que les équipements manquent par endroit à ces OPJ. A l’escadron mobile numéro 18 par exemple, Alphonse Charles Wright a offert deux ordinateurs afin de faciliter le travail et a réhabilité deux nouveaux officiers de police. Les jours prochains, cette inspection inopinée se poursuivra dans d’autres communes de la capitale.

Moïse Rama Fils