Le retour de Blaise Compaoré au Burkina Faso divise…

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Plusieurs voix s’élèvent au Burkina Faso pour s’opposer au retour de l’ancien président Blaise Compaoré, arrivé à Ouagadougou jeudi 7 juillet après huit ans d’exil, et dénoncer « l’impunité », quelques mois après sa condamnation à perpétuité pour son rôle dans l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara.

  • Dans une déclaration, l’Union d’Action syndicale ne va pas du dos de la cuillère.
  • « Pourquoi le gouvernement choisit-il de parler de poursuites judiciaires alors qu’il s’agit, dans le cas précis de Blaise COMPAORE d’une condamnation judiciaire qui attend d’être exécutée.

L’UAS rappelle qu’elle reste attachée au triptyque ‘’VERITE-JUSTICE-RECONCILIATION’’. Cette réconciliation ne doit, ni ne peut se faire en consacrant l’impunité ou en opérant des arrangements entre politiciens. L’expérience de la ‘’journée du pardon’’ du 30 mars 2001 doit servir de leçon pour tous.

L’UAS interpelle la justice afin qu’elle se saisisse de la venue de Blaise COMPAORE pour mettre à exécution la décision judiciaire. Elle demande au président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA et au gouvernement de ne pas faire obstacle à l’exécution de la condamnation par la justice. Le contexte de multiplication des attaques terroristes n’autorise pas des agissements qui présentent le risque de dégrader la paix sociale.

Elle appelle ses militant(e)s et sympathisant(e)s, les travailleuses et travailleurs du Burkina à suivre l’évolution de la situation, à rester mobilisés pour la lutte contre l’impunité des crimes économiques et de sang, cette impunité qui compte pour beaucoup dans la situation catastrophique que vit notre pays. »

La veuve Mariam Sankara sur TV5

«C’est quand même faire fi de la justice burkinabè et des sentiments des familles des victimes. C’est quelqu’un qui a renié sa nationalité burkinabè, il est devenu Ivoirien, il s’est moqué de la justice burkinabè. Il a été condamné, et bon voilà qu’on le fait rentrer comme cela au Burkina Faso. Ça dépasse tout entendement.

Je suis écœurée, vraiment frustrée et écœurée parce que je pense que ce n’est pas la voie du tout de la réconciliation, ce n’est vraiment pas cette voie. Tout ce dont les Burkinabè veulent c’est la sécurité dans le pays. Mais ça, ce n’est pas surtout ce que la population demande.

En faisant ce geste il a favorisé l’impunité. Et, dans leur message, ils disaient combattre l’impunité. Mais ce n’est vraiment pas combattre l’impunité de cette façon. Blaise doit exécuter la décision de justice. Il doit passer par la prison ».

Le parti MPP ne fait aussi dans la dentelle.

« Pouvons-nous durablement nous pardonner sans que la vérité des faits ne soit établie ? La brusque accélération du processus de réconciliation nationale imprimée par le pouvoir militaire de transition installé depuis le 24 janvier 2022 est entachée d’artifices préjudiciables à une réconciliation nationale sincère.

La réconciliation nationale, la vraie, ne saurait être décrétée par le seul fait du Prince ni être une démarche de calculs politiciens au mépris de la souffrance et des attentes légitimes des familles des victimes.

Celles-ci nous regardent et s’inquiètent. 

Les veuves, les veufs et les orphelins nous observent et s’interrogent. 

La société burkinabè toute entière nous regarde et se demande vers quel modèle de société nous voulons la conduire.

Même dans l’histoire entre les nations où il y a eu des frictions ou des injustices, le devoir de vérité a fini par s’imposer. Sur ce point, les exemples d’acte de contrition sont si nombreux que nous en faisons l’économie.

Notre parti, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), estime que le triptyque Vérité-Justice-Réconciliation est la meilleure voie de succès pour taire nos rancœurs et surtout éviter de donner le sentiment de la justice des forts ou des riches au détriment des pauvres et des faibles, car nul n’est puissant pour le demeurer ad vitam aeternam.

Notre parti marque sa consternation face au passage en force que veulent opérer les militaires au pouvoir sur les questions de justice et de réconciliation nationale.

Ils auraient voulu torpiller définitivement le processus de réconciliation nationale si chère à notre peuple qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. »

avec Burkina24 et France24