Urbanisme et Habitat en Guinée : C’est parti pour les consultations régionales pour le développement de la politique urbaine nationale

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Conakry-Guinée : Ce vendredi 29 juillet, au siège de son département, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Ousmane Gaoual Diallo, a animé un point de presse pour officiellement lancer les consultations régionales pour le développement de la politique urbaine nationale.

C’est dans le cadre de la mise en œuvre concertée du Projet SANITA Villes Durables, financé par l’Union européenne, que le département en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, à travers la Direction nationale de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (ONU-Habitat), organise à partir de ce 29 juillet au 20 août 2022, une mission dédiée à l’organisation d’Ateliers dans les régions administratives du pays. Ce point de presse a regroupé les cadres techniques et des représentants du Projet SANITA Villes Durables.

L’objectif est de lancer lesdites consultations régionales dans les sept (7) régions administratives du pays. Elles seront conduites et animées par une équipe conjointe de la DATU et d’ONU-Habitat. Elles (consultations) visent à partager les réalités et perspectives du développement urbain de Guinée en partant du diagnostic réalisé en 2020 suite au premier forum urbain national. Il s’agit au cours de ces ateliers de mobiliser les parties prenantes concernées par le développement urbain pour faire un état des lieux de l’urbanisation, mettre en exergue ses enjeux et défis en vue d’un développement national durable et inclusif. Ces exercices ont conforté la nécessité d’aller vers l’élaboration d’une politique urbaine nationale pour créer un cadre de référence permettant de penser, d’anticiper et d’agir en matière d’urbanisation.

Ces consultations régionales ont pour but d’examiner les liens entre le diagnostic urbain et la politique urbaine nationale ; d’identifier et répertorier les préoccupations régionales et locales sur le développement urbain ; d’identifier les initiatives régionales et locales à intégrer dans le plan d’actions de la politique urbaine nationale ; de recueillir les préoccupations et propositions de solutions pour le suivi et l’élaboration de la mise en œuvre de la politique urbaine nationale.

Le ministre Ousmane Gaoual Diallo soutient que depuis plusieurs décennies l’urbanisation est un fait à l’échelle mondiale avec déjà plus de la moitié de la population qui habitent les villes.

«Les prévisions de tous les organismes qui travaillent sur ces questions s’accordent sur le fait que l’urbanisation ira croissante et se produira essentiellement dans les pays en développement, en Asie et en Afrique et dans des villes qui ne sont pas prêtes à accueillir autant de populations, fautes d’infrastructures urbaines adéquates et d’une anticipation sur les politiques de gouvernance à long termes. Notre pays ne fait pas exception avec un taux d’urbanisation de près de 36,4%. Chacun de nous, ici à Conakry et également ailleurs dans nos régions, peut facilement constater ce qu’est vivre dans une ville non préparée à l’urbanisation. Avec un étalement urbain, des quartiers précaires, des déficits dans l’accès à différents services essentiels, de la pollution, des embouteillages, des inondations. Tels sont nos défis, et ils sont complexes. La planification a parfois manqué, elle n’a pas été suffisamment suivie d’effets. Les investissements dans les équipements collectifs n’ont pas été à la hauteur, et notre système de gouvernance urbaine est toujours en gestation, avec toutefois des efforts notables qui ont été déployés par le ministère pour mieux anticiper la croissance urbaine, gérer le développement de nos territoires et améliorer le cadre de vie des populations». Selon lui, en élaborant la politique urbaine nationale, la Guinée pourra maîtriser véritablement son processus d’urbanisation et en faire un vecteur de progrès économique et social pour les prochaines décennies. «Sur d’autres continents et dans l’histoire, les villes ont été de formidables leviers de développement économique et social, car très souvent associées aux progrès technologiques, à l’innovation, à la finance et au pouvoir politique. C’est dire que le destin réservé à l’urbanisation en Guinée est loin d’être une fatalité. Il est possible d’inverser la tendance et de travailler à faire de l’urbanisation, une opportunité pour un développement national durable et inclusif. C’est le choix que fait notre pays qui a entamé depuis quelques années, d’importants travaux pour entre autres relancer la planification dans le secteur urbain». Même que l’élaboration de cette politique, conformément aux critères admis, doit se faire dans une démarche inclusive où l’ensemble des acteurs auront leur mot à dire pour aller vers une vision et des objectifs communs, facteurs d’appropriation de ladite politique.

Il faut rappeler que les consultations régionales constituent la première étape des préparatifs de l’élaboration de cette politique. L’équipe de la DATU et d’ONU-Habitat va sillonner les sept régions administratives de la Guinée à la rencontre des acteurs et partenaires du secteur urbain, notamment les représentants des services publics déconcentrés, des élus locaux, des organisations de la société civile, du secteur privé, des ordres professionnels ou encore des couches vulnérables. Elle va partager avec eux les réalités et perspectives du développement urbain du pays. Ces consultations à l’échelle régionale seront suivies d’un atelier national sera organisé à Conakry pour servir de cadre de restitution des conclusions desdites consultations et proposer des orientations et options globales de la Politique urbaine nationale. Ces initiatives devront à terme permettre de bâtir des villes en capacité d’offrir à leurs habitants, les services de base (accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, à la salubrité, aux loisirs…) en vue d’un bien meilleur cadre de vie et des écosystèmes favorables aux progrès économiques.

Ces consultations régionales vont enregistrer la participation de près de 300 personnes ressources, soit 45 en moyenne par atelier régional.

Souleymane Doré