Conakry-Guinée : Ils ont décidé de faire une grève de la faim depuis hier 7 novembre. Ce sont les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC, Oumar Sylla »Foniké mangué », son coordinateur national et Ibrahima Diallo, son responsable des opérations. Ils ont pris cette décision, disent-ils, pour protester contre leur détention illégale sans jugement et exige l’organisation d’un procès juste et équitable dans les meilleurs délais.
Interrogé sur les raisons qui motivent ses clients à travers cet acte ce mardi 08 novembre, Me Salifou Béavogui a regretté que les mêmes pratiques de l’ancien régime refassent surface. Car, estime-t-il, l’on n’a pas besoin de passer par cette méthode »Grève de la Faim » pour être jugé. «On n’avait pas besoin de ça, on n’avait pas besoin d’une grève de la faim pour réclamer justice. Sous l’ancien régime, c’est une pratique courante et nous avons combattu cette pratique parce qu’il ne sert à rien d’arrêter des citoyens. On n’a pas de preuves et on continue de les garder en prison. Donc, on ne peut même pas les juger. Sous l’ancien régime, c’est cette pratique qui était courante, nos nombreux clients étaient obligés de recourir à cette méthode atroce de douleur biologique, de privation d’aliments pour obtenir juste la tenue d’un procès pour qu’il soit situé sur le sort. Donc, pour nous, à la faveur du changement intervenu le 5 septembre, nous avons pensé qu’aucun détenu ne pouvait recourir à cette pratique pour juste obtenir l’ouverture d’un procès. Mais hélas!», regrette-t-il.
Et de poursuivre : «Finalement après plus de 100 jours de détention sans procès, sans mise en liberté alors que le dossier est vide, en dépit de toutes nos réclamations, en dépit de tous nos efforts et correspondances, voilà plus de 100 jours, ils sont en prison, ils ne sont ni jugés, ni libérés. Ils sont malades, il y en a même qu’on a expédié à l’extérieur, je veux parler de l’honorable Saikou Yaya Barry».
Il faut rappeler qu’ils sont détenus à la maison centrale de Conakry depuis le mois d’août dernier.
Moïse Rama