Signalement à la CPI : le FNDC et le parti au pouvoir à couteaux tirés

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Conakry, Guinée : Par lettre recommandée internationale et par courrier électronique, le cabinet d’avocat français « Bourdon et associé» a adressé mercredi 29 avril au bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) un signalement de faits susceptibles de revêtir la qualification de « crimes contre l’humanité ».

Ce mardi 5 mai 2020, interrogé par notre rédaction, un des avocats du FNDC s’est prononcé sur cette situation. Me Hamidou Barry, l’un des avocats de Front National pour la Défense de la Constitution pense que cette saisine de la Cour Pénale Internationale (CPI) du collectif des avocats sur les violences enregistrées pendant le double scrutin du 22 mars est tout à fait une démarche logique.

« On peut envoyer des renseignements au niveau du procureur, qui va saisir la chambre préliminaire. Celle-ci va apprécier l’opportunité et d’ouvrir un examen préliminaire ou une analyse préliminaire » soutenu cet avocat, président de la coalition guinéenne pur la cour pénale.

Me Hamidou Barry déplore également le manque de volonté de la justice guinéenne pour faire lumière sur ces faits.

« La Guinée a la capacité de juger les crimes, mais nous, nous estimons en tant que défenseur des droits de l’homme, que la volonté manque. Donc, il faut les deux conditions, s’il il n’y a ni de volonté, ni de capacité, la cour peut constater seulement (…) Nous, nous battons pour les générations futures. 20 après, on dira que la Guinée fait aujourd’hui de bonnes élections, on dira que la Guinée gère bien ses ressources publiques. C’est un combat permanent que nous menons et on ne désespère pas » espère t-il.

Du coté de la mouvance présidentielle, on regrette que l’opposition depuis 10 ans, n’a pas fait que des heureux. L’honorable Souleymane Keita, ex conseiller en charge de mission à la présidence estime que cette opposition au sein du FNDC a toujours cherché à créer des situations incontrôlables dans le pays.

« N’eût été l’intelligence et le sens élevé de responsabilité des autorités en place, on serait arrivé au pire. Aujourd’hui, il y a l’Etat qui fonctionne et les juridictions sont à pied d’œuvre pour faire en sorte que des personnes qui sont impliquées dans les violences que nous avons connu ces derniers temps, que ces personnes puissent être mises hors d’état de nuire afin qu’elles soient présentées à un juge. Si on ne fait pas cela aussi, on dit qu’il ya l’impunité ! Si on veut un Etat de droit, on se soumet aux principes de lois qui régissent notre pays » réagit-il.

Pour le nouveau député, la mouvance n’aura jamais peur de cette démarche engagée.

« Pourquoi avoir peur de ça ? Quel est ce dirigeant qui se plairait à commettre des actes comme c’est commenté par le FNDC ? Non ! Le Président Alpha Condé est un homme de paix et pour cela, certains même l’en veulent pour son indulgence extraordinaire qui continue de pardonner, de privilégier le dialogue et des fois, même en graciant. Nous, nous n’allons pas nous inquiéter parce que tout ce qui est dit dans cette lettre est faux » a soutenu Souleymane Keita.

Moise Rama Fils